Lutter contre un «totalitarisme de la pensée»

France: Des évêques réclament un débat national sur le mariage homosexuel

Paris, 18 septembre 2012 (Apic) Les évêques de Nanterre, Toulon-Fréjus, Luçon et Besançon ont récemment souligné la gravité des enjeux qu’implique une légalisation du mariage entre personnes de même sexe. Ils demandent que la question soit débattue au niveau national, rapporte le 17 septembre le quotidien français «la Croix».

Pour Mgr Gérard Antoine Léopold Daucourt, évêque de Nanterre, le projet de légalisation du mariage entre personnes de même sexe constitue un «enjeu grave qui touche à la dimension sociale du mariage et de la famille, et au bien commun». Le prélat estime que le sujet mérite un vrai débat auquel toute la société puisse prendre part comme elle a pu le faire à propos de la bioéthique. Dans cette optique, il a adressé le 17 septembre 2012 «un message aux catholiques des Hautes de Seine». Il les invite à écrire au premier ministre ou à leur député, pour exiger sans tarder ce débat.

L’évêque de Nanterre réfute clairement l’accusation d’homophobie portée contre l’Église. Il juge cette critique inacceptable, tout en appelant les catholiques à «être conscients de ce qui la provoque». Le prélat cite notamment la mise à l’écart et les condamnations subies par des personnes homosexuelles, qui se sont déroulées pendant des siècles et se déroulent encore souvent aujourd’hui. «Tout en rappelant les raisons pour lesquelles nous ne mettons pas sur le même plan hétérosexualité et homosexualité, sommes-nous capables de dire que l’identité qui doit toujours être première et dépasser toutes les autres, c’est notre identité de fils et filles de Dieu ?», s’interroge Mgr Daucourt.

Les opinions anti-mariage gay «ringardisées»

Alors que la présentation du projet de loi devant le conseil des ministres est annoncée pour le 24 octobre 2012, l’évêque des Hauts-de-Seine n’est pas le seul à réclamer une concertation nationale dans laquelle l’Église catholique voudrait faire valoir ses conceptions. «Le débat est ouvert», indique Mgr Alain Castet, évêque de Luçon. Il se demande cependant s’il y a «véritablement débat?». Le prélat déplore que «ceux qui présentent le mariage avec bon sens comme l’union entre un homme et une femme qui accueillent la vie et permettent à un enfant de grandir sont ringardisés, ridiculisés.»

Après les vives réactions suscitées ce week-end par les déclarations, en fin de semaine dernière, du cardinal Barbarin, craignant les multiples conséquences de la légalisation du mariage homosexuel, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a dénoncé «un totalitarisme de la pensée» .

«Dès que quelqu’un prend une position sur ce sujet, on le qualifie d’ultraconservateur ou d’autre chose. Le problème ne devrait pas être de qualifier l’autre, mais de s’opposer avec des arguments rationnels», indique ce dernier en réclamant un référendum.

Mgr André Lacrampe, évêque de Besançon appelle également à l’ouverture d’un «débat national».

L’Eglise ne veut pas se faire dicter le calendrier

Pour l’heure, ces interventions épiscopales demeurent individuelles. Soucieuse de ne pas se «laisser dicter le calendrier», la Conférence épiscopale veut attendre l’Assemblée plénière du 3 au 8 novembre pour donner une position officielle.

Toutefois, de nombreux argumentaires circulent sur Internet afin de permettre aux catholiques de faire entendre leur position. Notamment sur le site du diocèse de Paris, sous le titre «10 bonnes raisons de ne légaliser ni le mariage entre personnes du même sexe, ni l’adoption par des partenaires de même sexe». (apic/lacroix/rz)

18 septembre 2012 | 11:57
par webmaster@kath.ch
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