Le Père Ruiz attend sans crainte le retour de Macao à la Chine
Macao: 50 ans au service des plus nécessiteux
Macao, 23 juillet 1999 (APIC) Macao, la somnolente enclave portugaise, retournera à la Chine le 20 décembre prochain. Dans cette ville appelée le «Monte-Carlo de l’Asie», le Père Luis Ruiz Suarez se dévoue depuis 48 ans au service des plus démunis.
Avec seulement 21 km2, Macao compte 475’000 habitants dont 98% sont Chinois. L’enclave est totalement dépendante de la Chine pour son approvisionnement en eau, en électricité et en denrées alimentaires. Le Père Ruiz, un jésuite de 84 ans, y est un «personnage»: cela fait cinquante ans que ce religieux aussi amical qu’inlassable s’y dévoue au service des plus nécessiteux. Il en a reçu une reconnaissance internationale, notamment quand le roi d’Espagne Juan Carlos lui a remis la Croix de Chevalier d’Isabelle la Catholique.
La Caritas dont s’occupe le Père Ruiz a commencé par fonder quatre homes pour personnes âgées, qui abritent aujourd’hui 602 personnes, puis quatre centres pour handicapés mentaux (996 bénéficiaires), une école secondaire pour 700 élèves, une école maternelle pour 140 enfants, un institut de formation d’assistants sociaux, une école d’éducation spéciale pour 48 enfants… Jusque là, l’aide aux défavorisés n’intéressait personne dans une ville dont l’essor galopant se poursuivait au rythme d’un développement économique sauvage.
Le Père Ruiz, originaire des Asturies, dans le nord de l’Espagne, a aujourd’hui essaimé ses initiatives vers les régions chinoises les plus accessibles pour aider des centaines de lépreux que le gouvernement chinois répartit dans les zones les plus éloignées du pays, dans des léproseries en mauvais état. En collaboration avec l’ONG Anesvad, la Caritas de Macao s’occupe de 39 léproseries comptant 4’000 lépreux. Le Père Ruiz s’y est rendu, et il en est revenu catastrophé: «Il n’y a ni eau ni nourriture, ni rien de rien».
Le retour de Macao à la Chine ne pose pas problème
En 1941, le Père Ruiz avait quitté Gijon, sa ville natale, pour passer deux ans à Cuba, puis se rendre en Chine, pour apprendre le mandarin à Pékin et la théologie à Shanghai. Expulsé par les autorités, il est arrivé à Macao en 1951. A l’époque, la ville était pauvre. Il a commencé par s’occuper des réfugiés chinois et vietnamiens. Plus tard, Caritas Internationalis et l’ONU l’ont aidé à nourrir ces réfugiés. Des familles qu’il a autrefois assistées font aujourd’hui partie de son organisation.
Le retour de Macao à la Chine en décembre prochain n’inquiète pas trop ses habitants pour ce qui concerne la liberté religieuse. L’exemple de Hong Kong, rétrocédée à la Chine il y a deux ans, les rassure : les 330 écoles et jardins d’enfants de l’Eglise catholique fonctionnent normalement, reconnaît Mgr Joseph Zen, son évêque. Le Père Ruiz reste lui aussi confiant: «Il ne se passera rien, tout continuera comme avant». (apic/cip/pr)



