Les catholiques entre craintes et espoirs
Macao: Retour de Macao à la Chine
Macao, 20 décembre 1999 (APIC) Le passage de Macao à la Chine suscite craintes et espoir au sein de la communauté catholique de ce territoire chinois. Craintes pour l’avenir, en ce qui concerne la liberté religieuse, au lendemain des cérémonies, mais espoirs aussi, parce que les catholiques voient dans ce passage comme une opportunité historique d’évangélisation.
Ce territoire, dirigé par les portugais depuis plus de 440 ans, est aussi le premier diocèse catholique de l’histoire en Chine, qui englobe d’ailleurs tout le monde chinois. C’est encore aujourd’hui le territoire chinois avec le pourcentage de catholiques le plus élevé (6,5 %).
Dans une interview accordée à l’Agence FIDES, Mgr Domingos Lam, 71 ans, évêque de Macao, estime qu’à l’avenir, il sera encore beaucoup plus nécessaire que les catholiques qui possèdent une bonne formation élèvent la voix et disent ce qu’ils pensent. «Nous formons des jeunes dans un esprit chrétien pour qu’ils puissent remplir leur mission et s’unir pour s’opposer, si besoin est, à la Chine et à son gouvernement local. Mais l’Eglise n’est pas un agent de la circulation qui dit aux gens où ils doivent aller, à droite ou à gauche. Nous ne nous servons jamais d’un être humain comme d’un instrument».
Nombreuses questions…
Mais le passage à la Chine laisse de nombreuses questions sans réponse, comme celle de l’avenir de la liberté religieuse dans le pays. Mgr Lam reconnaît que beaucoup, y compris lui, sont préoccupés pour l’avenir de l’Eglise de Macao. «Mais j’ai confiance en mon peuple. C’est à eux de défendre leurs droits, et naturellement, leur foi».
Mgr Lam précise que l’Eglise ne refusera jamais d’aider des personnes dans le besoin, dans les situations d’urgence, mais elle aidera surtout les gens à être autonomes dans la construction de leur propre avenir. De même que l’Eglise ne se sert pas des gens comme s’ils étaient de simples instruments, elle ne permettrait pas non plus que les autres se servent d’elle comme d’un instrument, explique-t-il.
Une Eglise active
Le vide spirituel laissé par le communisme en Chine offre à l’Eglise un terrain fertile pour l’évangélisation, estime enfin Mgr Lam. Macao est aussi cependant la capitale asiatique du jeu de hasard, avec plus de 40% du PIB représenté par les impôts des casinos. Dans une telle économie, dominée par les affairistes, la drogue, la prostitution et la mafia, le vide spirituel est aussi une réalité.
Il y a actuellement 435’000 habitants à Macao, dont 30’000 catholiques. L’Eglise de Macao dirige 39 écoles et institutions éducatives avec environ 42’300 étudiants, c’est-à-dire 50% du nombre total des étudiants. Elle offre également des services sociaux en faveur des enfants, des personnes âgées, des malades, des handicapés mentaux, des mères célibataires, dans 27 centres de santé et d’accueil. (apic/zn/pr)



