Visiter la terre natale de Mère Teresa
Macédoine: Le premier ministre Branko Crvenkovski invite le pape dans son pays
Skopje, 23 mai 2003 (Apic) Le premier ministre macédonien a invité le 23 mai Jean Paul II à se rendre en Macédoine, terre natale de Mère Teresa. Branko Crvenkovski a été reçu par le pape dans le cadre d’une visite officielle, à l’occasion de la venue à Rome d’une délégation orthodoxe macédonienne pour la fête des saints Cyrille et Méthode, célébrés le 24 mai.
«Nous espérons que vous puissiez venir dès que possible nous rendre visite en Macédoine», a lancé le premier ministre macédonien à l’issue d’une rencontre privée d’une dizaine de minutes entre les deux hommes, dans la bibliothèque du palais apostolique. Avec la Serbie, la Macédoine est le seul pays à majorité orthodoxe des Balkans que Jean Paul II n’ait pas encore visité.
Au lieu de lire son discours préparé à l’avance, Branko Crvenkovski a préféré improviser quelques mots, souhaitant une «bonne santé» au souverain pontife et transmettant «les salutations cordiales de tous les citoyens de Macédoine, sans distinction de religion».
Le premier ministre a également souligné la fierté de la Macédoine d’être le pays natal de Mère Teresa, religieuse ayant fondé en Inde l’ordre des Missionnaires de la charité. «Elle est le symbole de l’humanité du 20e siècle», a-t-il affirmé dans son discours au pape. Agnès Gonxha Bojaxhiu, de son nom d’origine, est née le 26 août 1910 à Skopje, dans une famille d’origine albanaise. Elle sera béatifiée par Jean Paul II le 19 octobre prochain.
Saints Cyrille et Méthode, des ponts entre l’Est à l’Ouest
Dans son discours, Jean Paul II a fait allusion aux saints Cyrille et Méthode, deux frères slaves évangélisateurs de l’Europe de l’Est et dont les reliques se trouvent à Rome. «Durant leur vie, ils ont été des ponts liant l’Est à l’Ouest», a souligné le pape, insistant particulièrement sur le «riche héritage» qu’ils ont apporté. Saint Cyrille est notamment l’inventeur de l’alphabet cyrillique. «Le témoignage de leur vie, a-t-il expliqué, révèle une vérité toujours valable que le monde du troisième millénaire a besoin de redécouvrir avec urgence : c’est seulement avec la charité et la justice que la paix pourra devenir réalité».
Une délégation du Saint-Synode de l’Eglise autocéphale orthodoxe de Macédoine était présente lors de l’audience, ainsi que l’évêque catholique de Skopje, Mgr Joakim Herbut. Une quinzaine de personnes accompagnaient en outre le premier ministre.
La situation de la Macédoine est particulièrement tendue en raison de la présence de plus d’une dizaine de nationalités et religions différentes. On compte en effet principalement, outre 66,5% de Macédoniens – majoritairement orthodoxes -, près de 23% d’Albanais – musulmans -, 4% de Turcs, 2,3% de Tsiganes, 0,7% de Serbes, ainsi que des Croates, des Grecs ou encore des Bulgares. Ce mélange est en partie dû à la position géographique de ce pays situé en plein coeur de la péninsule des Balkans et à son histoire mouvementée. La République de Macédoine a proclamé son indépendance en 1991 et compte aujourd’hui près de 2,1 millions d’habitants dont 0,4% de catholiques. (apic/imeda/bb)



