Le métropolite Jovan accuse la Macédoine
Macédoine: Un monastère attaqué par des hommes en armes
Bitola, 26 février 2004 (Apic) Le métropolite Jovan de l’Eglise orthodoxe serbe en Macédoine a accusé les autorités de la République de Macédoine d’avoir attaqué un monastère resté fidèle à son archidiocèse.
Dans son bulletin du 24 février, le service d’information Forum 18, dont le siège est à Oslo, en Norvège, donne la parole au métropolite Joyan, qui relate les faits. Le 20 février, cinq hommes masqués armés de mitrailleuses ont fait selon lui irruption dans le monastère, situé dans une maison du village de Nizepolje prés de la ville de Bitola, dans le sud du pays. D’après le métropolite, ces hommes ont brisé la plupart des objets religieux, volé une dizaine d’icônes et agressé deux religieuses.
Cette intrusion fait suite aux attaques portées devant les tribunaux par les autorités macédoniennes contre le clergé et les religieuses de l’Eglise serbe, dans une période de vives tensions entre les Eglises orthodoxes serbe et macédonienne.
Les deux Eglises sont en conflit depuis 1967, lorsque l’Eglise de Macédoine a déclaré unilatéralement son indépendance vis-à-vis de l’Eglise serbe, indépendance qui n’est reconnue par aucune autre Eglise orthodoxe.
Les tensions entre les deux Eglises ont été exacerbées en 2002. En effet, rappelle le Service orthodoxe de presse de Paris, l’Eglise serbe a proposé en mai 2002 aux évêques de Macédoine de renouer leurs liens canoniques avec l’Eglise serbe. Seul le métropolite Jovan a répondu favorablement à cet appel, ce qui avait conduit l’Eglise serbe à le nommer exarque pour la Macédoine.
Peu après, le 11 janvier, le métropolite Jovan a été arrêté avec plusieurs partisans pour «incitation à la haine ethnique, raciale et religieuse». La plupart ont été relâchés, mais devront comparaître ultérieurement devant les tribunaux.
Mirjana Konteska, porte-parole du Ministère de l’intérieur de Macédoine, a déclaré le 24 février que les accusations d’implication de l’Etat dans la dernière attaque ne reposaient que sur des «des suppositions» avancées par l’Eglise orthodoxe serbe: «Les enquêteurs et les tribunaux établiront l’exactitude des informations». (apic/eni/pr)



