Les Eglises appellent au dialogue et à l’autocritique

Madagascar: Climat social alourdi

Tananarive, 19 mai 2005 (Apic) Les chefs d’Eglise, membres du Conseil Chrétien des Eglises à Madagascar (Ffkm) ont appelé au «dialogue et à l’autocritique» nationales pour sortir le pays de sa situation actuelle.

Dans un message lu par le cardinal Gaëtan Razafindratandra, à l’occasion de la Pentecôte et publié jeudi 19 mai par le quotidien, L’Express de Madagascar, les chefs d’Eglise, membres du Conseil Chrétien des Eglises à Madagascar (Ffkm), ont reconnu l’existence de la pauvreté qui sévit en ce moment.

Le Ffkm regroupe les Eglises catholique, protestante, évangélique et adventiste. Leurs dirigeants, le cardinal Gaëtan Razafindratandra, Mgr Rémi Rabenirina, les pasteurs Lala Rasendrahasina et Modeste Rakoto Endor, ont cependant reconnu «l’effort fourni (par le pouvoir) pour redresser la situation et améliorer le bien-être de la population». Ils déplorent toutefois les «difficultés et mouvements» au sein de la nation, qu’ils expliquent par «l’absence de consensus, la mauvaise foi et surtout le manque de dialogue et d’écoute». Aussi, ont-ils tiré la sonnette d’alarme, tout en déclarant rester au-dessus de la mêlée politique.

Sans toutefois défendre les causes de l’opposition, les dirigeants du Ffkm n’ont pas ménagé leurs critiques à l’égard du régime. Celui-ci accuse l’opposition de «manipuler» les mouvements de revendication sociale pour le déstabiliser. Plusieurs grèves des travailleurs et des étudiants ont eu lieu ces derniers jours dans le pays. Elles portent sur des revendications d’ordre social, telles que l’augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de travail.

En réponse à ces réclamations, Jacques Sylla, le premier ministre, a affirmé que son gouvernement «ne négocierait pas sous la menace». Il a apporté son soutien aux forces de l’ordre qui ont réprimé des manifestants. Pour les partis politiques de l’opposition, ces troubles sont la preuve de «l’incapacité des tenants du régime à résoudre les crises». Ils démontrent aussi «le manque d’écoute et de dialogue du pouvoir» dans la conduite des affaires nationales (apmc/apic/ibc/vb)

Rome: Les Balkans doivent protéger les droits de l’Homme

Benoît XVI reçoit l’ambassadeur de Macédoine près le Saint-Siège

Rome, 19 mai 2005 (Apic) L’Europe a besoin des Balkans et les Balkans ont besoin de l’Europe, a affirmé Benoît XVI au nouvel ambassadeur de Macédoine près le Saint-Siège, venu lui remettre ses lettres de créance. Il a invité les responsables politiques de ces pays à protéger les droits de l’homme, y compris ceux des minorités ethniques et religieuses.

Benoît XVI, qui recevait Bartolomej Kajtazi dans la matinée du 19 mai 2005, a ainsi lancé: «L’Europe a besoin des Balkans, et ils ont besoin de l’Europe !» reprenant les paroles prononcées par Jean Paul II à de nombreuses occasions. «Vous avez constaté que le but de l’intégration sociale, que votre gouvernement poursuit courageusement, vous rapproche du reste de l’Europe», a déclaré le pape à l’ambassadeur de Macédoine. «L’entrée dans la Communauté européenne ne devrait pas, cependant, être une panacée pour surmonter l’adversité économique», a mis en garde le pape.

Le 24 mai 2004, recevant le président de la République de Macédoine, Branko Crvenkovski, Jean Paul II avait affirmé qu’il était légitime pour la Macédoine de vouloir entrer dans l’Union européenne. «Le processus de l’expansion de l’Union européenne manquera de la substance s’il est réduit à des dimensions simplement géographiques et économiques», a lancé le pape, qui a poursuivi: «Au contraire, l’Union doit consister par-dessus tout en un accord de valeurs qui trouve son expression dans sa loi et dans sa vie’». Parmi ces valeurs, acquises grâce à «la contribution décisive du christianisme», le souverain pontife a cité «la dignité transcendante de la personne humaine et les valeurs de la raison, la liberté, la démocratie» ainsi que l’Etat constitutionnel.

Pour un système judiciaire impartial

Benoît XVI a ensuite salué les Macédoniens. Il a souligné la responsabilité des dirigeants politiques, les invitant à protéger «les droits de l’homme, y compris ceux des minorités ethniques et religieuses». Il a aussi rappelé l’importance «d’un gouvernement responsable et transparent, du maintien de la loi par un système judiciaire impartial et des forces de police honorables».

Le souverain pontife a par ailleurs reconnu l’engagement de la Macédoine vers «un chemin de paix et de réconciliation», et l’a citée en exemple «pour les autres, dans la région des Balkans». Benoît XVI a aussi insisté sur l’importance du «dialogue entre les cultures», et des «valeurs fondamentales qui leur sont communes, parce qu’elles trouvent leur source dans la nature même de la personne humaine».

Enfin, le pape a évoqué l’importance de l’instruction religieuse. «La connaissance éclairée par la foi, loin de diviser les communautés, lie les peuples dans la recherche commune de la vérité». «J’encourage donc fortement le gouvernement à poursuivre (.) l’enseignement de la religion dans les écoles primaires».

Chaque année, une délégation du gouvernement de Macédoine vient à Rome et au Vatican, à l’occasion de la fête des saints Cyrille et Méthode, célébrée le 24 mai dans le calendrier orthodoxe des pays slaves.

La situation de la Macédoine est particulièrement tendue en raison de la présence de plus d’une dizaine de nationalités et religions différentes. On compte en effet principalement, outre 66,5 % de Macédoniens – majoritairement orthodoxes -, près de 23 % d’Albanais – musulmans -, 4 % de Turcs, 2,3 % de Tsiganes, 0,7 % de Serbes, ainsi que des Croates, des Grecs ou encore des Bulgares. Ce mélange est en partie dû à la position géographique de ce pays, situé en plein coeur de la péninsule des Balkans et à son histoire mouvementée. La République de Macédoine a proclamé son indépendance en 1991 et compte aujourd’hui près de 2,1 millions d’habitants dont 0,4 % de catholiques. (apic/imedia/ms/vb)

19 mai 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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