Attaque en règle contre l’église pour débaucher des fidèles

Madagascar: Les sectes chrétiennes prolifèrent dans la grande-île

Antananarivo, 20 octobre 2002 (APIC) Les sectes catholiques prolifèrent dans l’île, rapporte le quotidien «L’Express de Madagascar», dans une enquête. Venues pour la plupart, des Etats-Unis, elles sont généralement fondamentalistes. Parfois organisées en de simples associations culturelles, elles comptent entre 60 et 80% femmes.

Ces sectes, appelées aussi «églises nouvelles», ont réussi à se multiplier à cause de la pauvreté dans le pays, selon «L’Express de Madagascar». La crise économique et sociale, et la mauvaise gestion des ressources naturelles par l’ancien régime, ont plongé le pays dans une pauvreté absolu. Les prédicateurs de ces sectes profitent de cette situation et de l’ignorance des populations pour les convertir par des moyens financiers. Le rôle de l’argent est déterminant dans les nombreuses conversions.

Pour la majorité de la population, ces nouveaux mouvements sont considérés comme un «grand canular», des «sectes occidentales ou asiatiques qui utilisent des sciences occultes ou sataniques», ou encore «une escroquerie à grande échelle du 20e siècle».

Les catastrophes présentées comme des «malédictions divines»

Les «prophètes nouveaux» promettent des jours meilleurs à leurs fidèles et interprétations la Bible à leur manière. Certains avaient prédit qu’au 31 décembre 1999, «le Dieu vengeur des chrétiens châtierait la race humaine en déperdition morale avec des maux pires que ceux ce l’ancienne Egypte». Ils présentent les nombreux catastrophes naturelles qui ont lieu chaque année à Madagascar, comme des «malédictions divines».

Les dérives ne manquent pas et de nombreux cas d’escroqueries ont été enregistrés. Des adeptes confient leurs bijoux à leur nouveaux maître. Certains prédicateurs demandent aux fidèles de verser dans leur caisse le dixième leur richesse ou revenus, dans un but de «purification». Les adeptes les plus extrémistes refusent tout soin médical et ne montent jamais à bord d’un véhicule, prétendant que «le modernisme est satanique». Une de ces sectes avait ordonné à ses adeptes de se mettre à nu durant la prière pour «atteindre la pureté du nouveau-né». Depuis, elle a été interdite.

Un phénomène d’une «ampleur inquiétante»

Dans son enquête, «L’Express de Madagascar» a tiré sur la sonnette d’alarme, après avoir constaté que le phénomène des «nouvelles églises» prend une ampleur inquiétante. Ces sectes constituent «une menace pour les religions chrétiennes, traditionnelles ou oecuméniques» et pour les populations, estime le journal malgache.

L’activité des «maîtres à penser des nouvelles religions s’amplifie parallèlement à la mondialisation et à la libéralisation, à l’universalité culturelle». «Elle favorise aussi les pillages des patrimoines naturels et culturels, les trafics mafieux de jeunes filles, de drogues, d’armes, le blanchiment d’argent, etc . «, dénonce «L’express de Madagascar».

L’archevêque d’Antananarivo, le cardinal Armand Gaétan Razafindratandra a reconnu lors de la célébration du 140e anniversaire de son diocèse que sur les deux millions d’habitants que compte la capitale, seuls les deux tiers sont membres des Eglises oecuméniques. Sans préciser à quelle autres «églises» appartient le tiers restant. (apic/ibc/bb)

20 octobre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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