Soutien réaffirmé au régime en place

Madagascar: Réunion des dirigeants du Conseil Chrétien des Eglises

Tananarive, 27 juin (Apic) Les quatre chefs chrétiens qui dirigent le Conseil Chrétien des Eglises de Madagascar (Ffkm) ont renouvelé leur appui au régime en place. Ils ont levé toute équivoque quant à leur soutien au président Marc Ravalomanana, à l’issue d’une réunion de «clarification».

Il y a une semaine, le Ffkm avait publié un communiqué critique sur la politique socio-économique du régime. A l’issue de son 5e synode (congrès) et de son 27e comité central, le Ffkm avait appelé le pouvoir à «trouver une solution rapide et efficace pour réduire les difficultés actuelles de la population. «Gare à l’insensibilité face aux souffrances des autres!», avait lancé, entre autres, le secrétaire général du Ffkm, le Père Rémi Ralibera, en lisant le message adressé aux dirigeants malgaches, à la fin d’un culte oeucuménique à la cathédrale de Tananarive.

Les partis politiques de l’opposition avaient alors vite fait d’exploiter cette déclaration en leur faveur. Du coup, le cardinal Gaëtan Razafindratandra (Eglise catholique), Benjamin Rabenorolahy (Eglise anglicane), Mgr Rémi Joseph Rabenirina (Eglise luthérienne), Edmond Razafimahefa (Eglise réformée), se sont réunis mardi 22 juin 2004 pour apporter des précisions sur la déclaration de la semaine dernière.

«L’énumération, par le Ffkm, de maux, tels que la corruption et le programme scolaire n’équivaut pas à une attaque contre le pouvoir», ont- ils précisé, à la fin de cette réunion. Dans une déclaration publiée par le quotidien «Midi-Madagascar», ils ont ajouté que cette «critique» signifie, au contraire que «le Ffkm est assez conscient de l’existence de ces phénomènes pour aider le régime à les combattre». Selon eux, «le fait d’énumérer l’inflation et la pauvreté implique pour le Ffkm une volonté de contribuer au redressement et au développement du pays». Ces «imperfections n’incriminent pas l’Etat comme responsable», ont encore ajouté les représentants du Ffkm.

Le Conseil Chrétien des Eglises de Madagascar a confirmé sa collaboration avec l’Etat, en soutenant que les 4 composantes du Ffkm disposent d’une organisation et des programmes conformes à sa politique sociale, dans les domaines de la lutte contre le sida, la pauvreté, etc.

Les partis politiques opposés au régime s’étaient réjouis des critiques du Ffkm, estimant qu’il était en train de se démarquer du pouvoir qu’il avait aidé à se mettre en place. Lors de l’élection présidentielle de décembre 2002 et de la crise qui s’en est suivie, le Ffkm avait en effet pris fait et cause pour le président Marc Ravalomanana, actuellement au pouvoir. (apic/ibc/vb)

27 juin 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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