Rompre avec un passé colonial
Madagascar: Un jésuite demande à la France de changer de politique à l’égard du pays
Tananarive, 15 avril 2002 (APIC) Un jésuite malgache demande à la France de changer de politique à Madagascar, et de rompre avec son passé colonial.
Avec le régime du président Ratsiraka, c’est la fraude qui a prédominé à Madagascar. Le vote de décembre a offert l’occasion d’opérer un changement, grâce à l’élection de Ravalomanana, et maintenant la France doit montrer qu’elle peut rompre avec son passé colonial, estime le père Michel Peltereau-Villeneuve, aumônier national des communautés catholiques malgaches de France.
Lors d’une intervention, reprise ces jours-ci par la presse catholique nationale française, le religieux exhorte la France à changer de politique, parce que – affirme-t-il – pour les Malgaches la position française, hostile au changement politique en cours, est la preuve «que l’ancienne puissance coloniale veut maintenir son pouvoir».
La situation politique est incertaine depuis le 16 décembre, jour des élections présidentielles: les résultats du scrutin indiqueraient que le gagnant est Ratsiraka, président en charge. Mais face à la demande du candidat de l’opposition Ravalomanana de vérifier le comptage des votes, conformément à la Constitution, Ratsiraka propose un deuxième tour, qui n’a jamais eu lieu car la Cour constitutionnelle a plutôt ratifié l’élection de Ravalomanana à la présidence. Quant à Ratsiraka, qui refuse de céder le pouvoir, il est soutenu par la France et a mis à exécution une politique de répression et de dures interventions de la police contre les manifestants qui, depuis quatre mois, descendent tous les jours dans la rue, aussi bien dans la capitale que dans les villes principales.
La France et l’illégalité
Radio Don Bosco, gérée par les Salésiens, l’Eglise catholique ainsi que les confessions chrétiennes ont pris position pour la transparence, la démocratie, contre la corruption. «Certains, remarque le Père Peltereau- Villeneuve, se sont scandalisés de la position des Eglises, qui n’ont point choisi de candidat mais qui réclament la transparence et la vérité», parce que c’est la seule façon de surmonter les abus. En outre, les Eglises «ne peuvent pas rester indifférentes face à la violence et à l’injustice, alimentées par la peur».
Selon le Jésuite, la France, qui a toujours soutenu Ratsiraka, c’est-à-dire l’illégalité, doit radicalement changer de route. (apic/vd/pr)



