Rome: Du 16 au 19 septembre prochain, Benoît XVI se rendra en Grande-Bretagne
Mais ce déplacement fait aussi grincer les dents de certains opposants
Rome, 5 juillet 2010 Le Vatican a officiellement annoncé, le 5 juillet 2010, le voyage que Benoît XVI effectuera en Ecosse et en Angleterre du 16 au 19 septembre 2010. Le pape, qui fera successivement étape à Edimbourg, Glasgow, Londres et Birmingham, effectuera alors son 17e déplacement hors d’Italie. Ce déplacement en terre anglicane au cours duquel il béatifiera le cardinal anglais converti John Henry Newman (1801-1890), n’est pas sans présenter quelques difficultés.
Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a ainsi indiqué que le pape de 83 ans avait positivement accueilli l’invitation «du gouvernement de sa majesté Elisabeth II», reine du Royaume-uni, et celle des conférences épiscopales catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles, mais aussi d’Ecosse, à se rendre à la fois à Edimbourg, Glasgow, Londres et Birmingham pendant 4 jours en septembre prochain.
Ce voyage de Benoît XVI en Grande-Bretagne, 28 ans après celui de Jean-Paul II (1978-2005) du 28 mai au 2 juin 1982, interviendra un peu moins d’un an après l’annonce par l’Eglise catholique de son choix d’accueillir des dissidents de la Communion anglicane. Plus largement, certaines voix se sont déjà fait entendre pour s’opposer à la visite du chef de l’Eglise catholique sur l’île.
Le pape et la reine
Le 16 septembre, au premier jour de ce déplacement, le chef de l’Eglise catholique se rendra au Palais royal de Holyroodhouse à Edimbourg (Ecosse), où il sera accueilli par la reine d’Angleterre, également chef de l’Eglise anglicane. Ancien monastère du 12e siècle, le Palais de Holyroodhouse est la résidence officielle de la reine lorsqu’elle séjourne en Ecosse, le plus souvent au début de l’été.
Reine de 16 Etats indépendants et chef du Commonwealth depuis le 6 février 1952, Elisabeth II est aujourd’hui âgée de 84 ans, soit un an de plus que Benoît XVI.
Après sa rencontre avec la reine, Benoît XVI se rendra dans la plus grande ville d’Ecosse, Glasgow, à 75 kilomètres d’Edimbourg. Comme Jean-Paul II le 1er juin 1982, Benoît XVI célébrera une messe en plein air dans l’immense parc Bellahouston de Glasgow. Star planétaire révélée par la télévision britannique, la chanteuse écossaise Susan Boyle pourrait chanter devant le pape à cette occasion.
Londres et Birmingham
En fin d’après-midi, le 16 septembre, le pape rejoindra la capitale britannique, Londres, par avion, à 550 kilomètres au sud. C’est là qu’il passera l’ensemble des 3 nuits sur le sol britannique.
Lors de son séjour à Londres, les 17 et 18 septembre, Benoît XVI rencontrera les représentants du monde politique, culturel et de l’entreprise au Westminster hall, plus vieille partie (fin du 11e siècle) du célèbre Palais de Westminster, sur les bords de la Tamise. C’est au Westminster hall que Thomas More (1478-1535) avait nié que le roi était le légitime dirigeant de l’Eglise. Il fut alors condamné à mort pour sa fidélité au pape. Aujourd’hui, cette grande salle accueille les sessions spéciales où les deux chambres du Parlement britannique siègent ensemble.
A Londres, Benoît XVI participera également à une célébration œcuménique à l’abbaye de Westminster, lieu de sépulture de la plupart des rois et reines d’Angleterre. Le pape présidera une messe dans la cathédrale catholique de Westminster ainsi qu’une veillée de prière dans le célèbre ›Hyde park’. Au cours de ce séjour londonien, Benoît XVI doit aussi s’entretenir avec l’archevêque de Canterbury, l’anglican Rowan Williams.
Enfin, au dernier jour de ce voyage, Benoît XVI se rendra en hélicoptère à 170 kilomètres au nord-ouest de Londres, à Birmingham, dans la région centrale des Midlands. Dans le Cofton park de Birmingham, le pape présidera la messe de béatification du cardinal anglais John Henry Newman (1801-1890), un anglican converti au catholicisme en 1845.
Controverses
Cette première visite de Benoît XVI au Royaume-Uni, la 2e d’un pape depuis la séparation entre Rome et l’Eglise d’Angleterre au 16e siècle, est présentée comme une visite historique par une partie des autorités civiles et religieuses de l’île.
Pour autant, ce déplacement fait aussi grincer les dents de certains opposants. Ainsi, début février dernier, le pape avait créé la polémique en Angleterre après son discours aux évêques du pays venus à Rome en visite Ad limina. Benoît XVI avait ainsi exhorté les prélats britanniques à manifester leur opposition au projet de loi en cours de discussion visant à protéger les homosexuels contre la discrimination.
Plus marginalement, 2 militants britanniques de l’athéisme ont demandé que le pape soit arrêté lors de la visite pour «crimes contre l’humanité», après les accusations selon lesquelles il aurait couvert les agissements de prêtres pédophiles. La question du financement de cette visite du chef de l’Eglise catholique a également entraîné quelque controverse dans ce pays de tradition anglicane. Le Royaume-Uni compte plus de 70 % de chrétiens, en grande majorité anglicans. Le pays compte autour de 6 millions de catholiques mais, selon certains observateurs, avec la perte de la pratique chez les anglicans et les flux migratoires, le nombre de catholiques pratiquants tendrait aujourd’hui à être plus élevé que celui des anglicans participant aux offices. (apic/imedia/ami/pr)



