Egypte: Les salafistes expulsent 62 familles coptes d’un village près d’Alexandrie
Maisons incendiées et vols de biens appartenant aux chrétiens
Alexandrie, 10 février 2012 (Apic) Des milliers de musulmans fanatisés, guidés par des leaders salafistes, ont attaqué à plusieurs reprises les chrétiens coptes du village de Kobry-el-Sharbat (el-Ameriya), près d’Alexandrie. Des maisons et des magasins coptes ont été pillés avant d’être incendiés, rapporte l’agence de presse catholique AsiaNews à Rome dans son édition du 9 février.
L’agression, qui a débuté le 27 janvier 2012 et s’est poursuivie les jours suivants dans le silence des médias et avec la complicité de la police et des autorités politiques, a provoqué la fuite de 62 familles coptes. Le 30 janvier, les émeutiers ont à nouveau attaqué le village de Kobry-el-Sharbat, incendiant trois maisons appartenant à des chrétiens, sous les yeux des forces de sécurité.
AsiaNews écrit que la violence a été provoquée par les accusations d’un coiffeur musulman du nom de Toemah, affirmant que Mourad Samy Guirgis, un tailleur copte de 34 ans, possédait sur son téléphone portable une photo «illicite» d’une femme musulmane. Rejetant ces accusations, mais craignant pour sa vie, Mourad s’est réfugié au poste de police.
Les forces de sécurité laissent faire
Pendant ce temps, la foule excitée a mis le feu à sa maison et à son commerce. Toute sa famille a dû s’enfuir du village. D’autres maisons et des magasins coptes ont été pillés avant d’être incendiés par des hommes barbus en blouses blanches. Appelées à l’aide, les forces de sécurité sont arrivées très tard sur les lieux, témoigne le Père Boktor Nashed, de l’église St-George à el-Nahdah. «Ceux qui ont perdu leur maison ont quitté le village», précise le Père Nashed.
Depuis ces graves incidents, trois «rencontres de réconciliation» se sont tenues dans le quartier général de la police à el-Amerya, auxquelles ont participé des représentants de l’Eglise copte, des salafistes, et des Frères musulmans.
Des émeutes provoquées par de fausses accusations
Selon la police, la femme dont l’histoire fabriquée a mis le feu aux poudres et provoqué l’émeute des islamistes, a nié toute cette affaire. Les policiers n’ont trouvé aucune photo compromettante sur le téléphone portable de Mourad Samy Guirgis. Mais les fondamentalistes musulmans continuent d’affirmer que «l’honneur des musulmans a été sali». Ils ont refusé tout type de compensation pour les dommages infligés aux familles coptes.
Lors d’une de ces «rencontres de réconciliation», le 1er février dernier, les musulmans ont réclamé qu’un autre groupe de familles chrétiennes soient chassées du village et exigé que l’on procède à la vente forcée des biens d’un commerçant copte du nom de Soliman, sous la supervision du cheikh salafiste Chérif el-Hawary.
Dans le cas contraire, le village de Kobry el-Sharbat serait à nouveau attaqué et toutes les maisons coptes brûlées. Soliman a accepté de céder ses biens sous la menace, pour éviter d’autres dommages aux coptes, mais a qualifié cet acte d’»injustice complète». De tels actes, sanctionnés par ces soi-disant «rencontres de réconciliation», sont totalement illégaux dans les Etats régis par le droit. (apic/asian/be)



