L’Eglise orthodoxe russe, la grande absente de l’Assemblée de la KEK à Lyon
Malaise, mais dialogue maintenu
Lyon, 17 juillet 2009 (Apic) Les dirigeants de la Conférence des Eglises européennes (KEK) s’interrogent sur l’absence de l’Eglise orthodoxe russe à l’Assemblée de la KEK, qui se tient à Lyon, en France. Ils affirment chercher des solutions au différend qui a amené l’Eglise orthodoxe russe à renoncer à ce rendez-vous.
«Nous ne somme pas en train d’assister à une scission fondamentale au sein de la KEK, mais à un désengagement temporaire de la représentation», a déclaré à la presse, le 16 juillet, le vice-président de l’Assemblée, l’évêque Irinej, de l’Eglise orthodoxe serbe. «Nous maintenons le dialogue avec l’Eglise orthodoxe russe. Il n’a pas été suspendu.»
Il a affirmé que la KEK avait été invitée à envoyer une délégation à Moscou pour tenter de sortir de l’impasse. Le différend porte sur le refus du rassemblement d’Eglises d’admettre en son sein une Eglise orthodoxe liée au Patriarcat de Moscou.
C’est la première fois depuis la fondation de la KEK, en 1959, que l’Eglise russe n’est pas représentée à une Assemblée, événement organisé tous les six ans. La KEK a été formée en tant que pont entre les Eglises de l’Europe de l’Ouest et celles des pays communistes d’Europe de l’Est.
Alexis II, l’ancien patriarche de Moscou, qui est décédé en décembre 2008, était un important responsable de la KEK, y débutant en 1964 en tant que membre du Présidium, puis occupant la fonction de président de 1987 à 1992.
L’Eglise russe avait annoncé en octobre 2008 qu’elle suspendait son adhésion à la KEK. Un responsable du patriarcat de Moscou avait alors déclaré que cette décision était due au fait que la KEK n’avait pas admis en tant que membre l’Eglise orthodoxe d’Estonie liée au Patriarcat de Moscou.
L’année précédente, l’organisation rassemblant 120 Eglises principalement anglicanes, protestantes et orthodoxes, avait admis l’Eglise orthodoxe apostolique d’Estonie, qui est en communion avec le Patriarcat œcuménique de Constantinople, basé à Istanbul.
Le patriarcat de Moscou et le Patriarcat œcuménique se disputent depuis longtemps l’autorité sur les chrétiens orthodoxe d’Estonie.
Selon le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président de la KEK, le patriarcat de Moscou a indiqué être certain «qu’il va, dans les mois à venir, trouver un arrangement pour mettre un terme à sa suspension, et pour participer de nouveau entièrement à la vie de la KEK.»
Le chef de la délégation du Patriarcat œcuménique à l’Assemblée de Lyon, le métropolite Michael d’Autriche, a proposé que trois sièges du Comité central de la KEK – principal organe directeur de l’organisation – soient réservés au patriarcat de Moscou. Selon cette proposition, ces trois sièges seraient temporairement occupés par des représentants d’autres Eglises orthodoxes.



