Encore un conflit de religions

Malaisie: L’association des avocats n’a pas pu se pencher sur les questions de conversion

Kuala Lumpur, 12 août 2008 (Apic) Quelque 300 manifestants islamiques ont empêché le 9 août dans la capitale de la Malaisie, Kuala Lumpur, la tenue d’une conférence sur des questions religieuses controversées. L’association des avocats voulait analyser les conséquences juridiques d’une conversion d’un couple sur la famille. A la suite des protestations, la police a interdit la rencontre des participants au colloque.

Des membres du gouvernement malaisien ont expliqué que «le pays n’est pas encore assez mûr pour des dialogues ouverts sur ce thème qui pourrait diviser la Malaisie.» Toutefois, ils sont conscients que lors de la déclaration d’indépendance en 1957 l’islam est devenu religion d’Etat uniquement parce que des représentants britanniques de l’administration coloniale étaient passés personnellement à l’islam. La Malaisie n’a pas eu jusqu’ici de majorité musulmane.

Tout débat public rejeté

Le Barreau voulait traiter de la question de la compétence des tribunaux à traiter des cas de familles dans lesquelles un conjoint dans un mariage non musulman se convertit à l’islam.

Les politiciens influencés par l’avis rendu public par les musulmans se sont déclarés contre un débat public sur ce sujet. L’association des cadis et muftis malaisiens a rejeté tout débat officiel sur la religion et exigé du Barreau d’annuler le forum. Les avocats tenaient à ce débat public.

Cadavres séquestrés

Au cours des dernières années, des tribunaux un peu partout dans le monde se sont déclarés incompétents pour statuer sur le cas d’un conjoint converti à l’islam durant son mariage. Il s’agissait alors aussi entre autres des questions des funérailles. Les autorités spirituelles islamiques avaient séquestré des cadavres sous prétexte que le défunt se serait converti à l’islam peu avant son décès. (apic/w/job/js)

12 août 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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