Appel à la tolérance et à fuir les extrémismes

Malaisie: Le Premier ministre a accueilli les délégués du COE

Kuala Lumpur, 3 août 2004 (Apic) Le Premier ministre de Malaisie a accueilli les chrétiens présents dans un pays majoritairement musulman, en appelant à la tolérance S’exprimant mardi 3 août devant les délégués de la Commission Foi et constitution du Conseil oecuménique des Eglises (COE), le premier ministre de Malaisie, Abdullah Ahmad Badawi, a exhorté les leaders religieux à fuir les extrémistes et à prêcher la modération. Un discours apprécié, après les attentats de dimanche en Irak contre les chrétiens de ce pays.

La présence du plus grand rassemblement d’Eglises chrétiennes dans un pays majoritairement musulman est «une affirmation puissante à l’encontre de la rhétorique de la haine et de la défiance qui prévaut si largement dans le monde actuel», a assuré Abdullah Ahmad Badawi.

«En tant que premier ministre de Malaisie, je ne suis pas un leader de musulmans, mais un leader musulman de tous les Malaisiens», a nuancé le Premier ministre Abdullah Ahmad Badawi durant la réunion qui se tient du 28 juillet au 6 août à Kuala Lumpur, en se référant à son pays où les musulmans représentent environ 60% de la population et les chrétiens un peu plus de 6%.

Lançant un appel à la modération en religion, il a critiqué les «absolutistes». «Ils refusent de tenir compte du contexte du monde moderne dans lequel nous vivons», a affirmé le premier ministre. «Ils refusent de comprendre qu’une partie si importante de l’enseignement religieux est façonnée par le contexte de la société dans laquelle il trouve sa source».

Il a reconnu qu’il y avait «moins de confiance et de bonne volonté» entre l’islam et le christianisme que quelques années auparavant. Il a aussi souligné que la Palestine «était devenue un symbole pour le monde musulman» en ajoutant que «nous ne pouvons dissocier la Palestine de la lutte contre le terrorisme».

Le dialogue interreligieux, a-t-il dit, est essentiel. «Nous devons nous parler ouvertement sur les questions qui influencent nos vies. Un dialogue significatif ne sera pas possible tant que nous ne respecterons pas la liberté de culte de l’autre».

Hostilité attisée

Selon l’agence de nouvelles malaisienne Bernama, le Premier ministre aurait, le 29 juillet, affirmé qu’une augmentation de la discrimination contre les musulmans depuis le début de la guerre contre le terrorisme menée par les Etats-Unis a attisé l’hostilité entre l’islam et l’Occident et développé l’extrémisme religieux.

«L’islamophobie, telle une maladie infectieuse, influence rapidement la politique officielle et provoque à son tour un extrémisme en réaction», avait dit le premier ministre lors d’une rencontre de leaders de pays en développement dans l’île de Langkawi, au Nord du pays. La guerre contre le terrorisme, avait-il ajouté, «ne devrait pas conduire à une escalade de l’affrontement entre les croyances et les religions».

Le ministre a terminé son allocution du 3 août devant les membres de la Commission Foi et constitution en appelant à la tolérance et à la coopération face à la pauvreté, la famine et l’injustice à travers le monde.

Le meilleur et non le pire

«Devant tous les problèmes qui nous assaillent, la religion doit être un signe d’espoir», a-t-il dit. Pour lui, «la religion doit tirer le meilleur en nous et non le pire». ET de conclure que «nous ne pouvons rester devant un Dieu plein de compassion alors que nous avons encore tant à faire parce que nous sommes désunis.»

Le COE compte 342 Eglises membres qui représentent pratiquement toutes les traditions chrétiennes – protestantes, anglicanes, et orthodoxes. L’Eglise catholique romaine n’est pas membre du COE, mais elle compte des représentants officiels au sein de la Commission de Foi et constitution et dans certains pays fait partie de rassemblements nationaux d’Eglises liés au COE. (apic/eni/pr)

3 août 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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