Offensive des leaders religieux contre le gouvernement

Malaisie: Les minorités religieuses condamnent l’interdiction de l’emploi du mot Allah

Singapour, 10 mars 2009 (Apic) Les représentants des minorités religieuses de Malaisie ont critiqué le gouvernement pour avoir interdit l’utilisation du mot Allah par des non-musulmans dans la Bible, un journal catholique et d’autres textes.

Le Conseil consultatif malaisien du bouddhisme, du christianisme, de l’hindouisme, du sikhisme et du taoïsme a indiqué dans un communiqué rendu public le 6 mars, cité mardi par l’Agence ENI qu’»aucune religion ne peut revendiquer l’usage exclusif du terme Allah».

Selon le Conseil, le gouvernement doit mettre fin à ses tentatives répétées d’adopter des lois interdisant son emploi par d’autres religions que l’islam. «D’un point de vue historique, l’utilisation commune de ce terme est antérieur au Coran et à l’islam».

Le communiqué fait suite à la décision du gouvernement d’interdire à nouveau au journal catholique Herald d’employer le mot «Allah» dans son édition en langue malaise. Le gouvernement avait levé une première interdiction en février à la condition que le journal ne soit distribué qu’aux chrétiens, mais il l’a imposée de nouveau, après les protestations des groupes islamistes de ce pays majoritairement musulman d’Asie du Sud-Est.

Les autorités de Malaisie ont également confisqué des Bibles en langue malaise importées dans le pays par des organisations chrétiennes, parce qu’elles emploient le mot Allah pour désigner Dieu. Les leaders musulmans de Malaisie s’opposent avec véhémence à l’utilisation du mot Allah par les non-musulmans, certains affirmant craindre les conversions de musulmans au christianisme ou à d’autres religions.

Les chrétiens et les autres groupes religieux affirment que le mot arabe fait depuis longtemps partie de la langue malaise et qu’ils n’ont pas d’autre mot pour désigner Dieu dans leur langue maternelle. Le mot Allah est utilisé par les chrétiens au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Indonésie, le plus grand pays musulman du monde, voisin de la Malaisie.

Le Herald et l’Eglise évangélique de Bornéo ont adressé des pétitions en justice pour que l’emploi du mot Allah soit légalisé pour les non-musulmans. Ces pétitions doivent encore être examinées.

Environ 60 % de la population de la Malaisie est musulmane et le reste des habitants – essentiellement d’origine chinoise et indienne – sont chrétiens, bouddhistes, hindous, sikhs, taoïstes et adeptes d’autres religions. Ces minorités sont agacées par les récents décrets gouvernementaux, qui, selon eux, portent atteinte à leur liberté de culte.

Selon la loi malaisienne, un citoyen ne peut pas se convertir à une religion autre que l’islam. Les responsables musulmans s’inquiètent depuis longtemps que les publications tenues par des groupes religieux non-musulmans puissent être utilisées à des fins de prosélytisme. (apic/eni/pr)

10 mars 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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