L’Eglise dans l’attente du verdict de la Cour de justice
Malaisie: Publication de l’hebdomadaire des catholiques du pays
Kuala Lumpur, 19 janvier 2009 (Apic) Dans l’attente d’une prochaine décision de justice de Malaisie sur la possibilité d’éditer leur hebdomadaire, publication suspendue jusqu’au 27 février 2009, les catholiques du pays se mobilisent pour tenter de conserver le droit d’user du mot Allah dans leurs publications. La Haute Cour de justice du pays doit en effet statuer sur cette revndication.
Dans la nuit du 10 au 11 janvier puis dans celle du 17 au 18 janvier, indique Eglises d’Asie, les fidèles de la paroisse Saint-François-Xavier de Petaling Jaya, la capitale politique du pays située non loin de Kuala Lumpur, se sont relayés la nuit durant pour prier.
L’objet des prières des paroissiens de Saint-François-Xavier est ancien et revient chaque année à la même période. En Malaisie, les éditeurs sont tenus d’obtenir chaque année du ministère de la Sécurité intérieure une autorisation de publication – mesure vivement critiquée par les défenseurs de la liberté de la presse comme attentatoire à la liberté d’expression.
Dans le cas de l’Eglise catholique, le point de tension avec le gouvernement concerne l’hebdomadaire de l’archidiocèse de Kuala Lumpur, édité au nom de tous les évêques de la Malaisie péninsulaire et diffusé dans tout le pays, y compris en Malaise orientale, dans les Etats de Sabah et Sarawak, où vivent les deux tiers des 900’000 catholiques de Malaisie.
Imprimé à 12’000 exemplaires, le Herald – The Catholic Weekly compte quatre sections, en anglais, en malais, en mandarin et en tamoul, reflet de la diversité des communautés catholiques de ce pays de 27,7 millions d’habitants, où, selon les chiffres gouvernementaux de 2008, les musulmans forment 60 % de la population, les bouddhistes, 19 %, les chrétiens 9 % et les hindous 6 %.
Depuis quelques années, le Bureau de contrôle des publications – instance rattachée au ministère fédéral de la Sécurité intérieure – reproche au Herald de recourir, dans sa section en Bahasa Melayu (la langue nationale), au terme d’»Allah» pour dire Dieu, en affirmant que le mot «Allah» fait uniquement référence au Dieu du Coran et des musulmans.
Revirement
Dans son édition en date du 11 janvier, le Herald a informé ses lecteurs que l’éditeur du journal avait reçu, le 30 décembre 2008, une lettre du ministère l’informant que l’autorisation de publication des pages en malais de l’hebdomadaire était suspendue jusqu’au 27 février 2009, date à laquelle la Haute Cour de justice du pays devrait rendre son verdict sur le fond de cette affaire.
En première page du journal, l’éditeur du titre, Mgr Murphy Pakiam, archevêque de Kuala Lumpur, estime que la décision administrative visant le Herald est « évidemment en contradiction avec la lettre et l’esprit de la loi de 1967 sur la langue nationale » et que l’Eglise se réserve la possibilité de poursuivre en justice.
Une semaine plus tard, dans l’édition du 18 janvier, une lettre du secrétaire général du Bureau de contrôle des publications était reproduite en fac-similé. Adressé à Mgr Pakiam, le courrier expliquait que le ministère avait reconsidéré sa décision et qu’il autorisait le Herald à imprimer sa section en Bahasa Melayu, à la condition toutefois que le mot «Allah» n’y figure pas – et ce dans l’attente de la décision de justice à venir. (apic/eda/pr)



