Le gouvernement du Malawi refuse
Malawi: Des Eglises demandent au gouvernement d’intervenir au sujet du Zimbabwe
Blantyre, 19 mars 2007 (Apic) Le gouvernement du Malawi, en Afrique de l’Est, a rejeté l’appel lancé par une agence chrétienne et par d’autres organisations de la société civile du pays à prendre la parole contre la dégradation de la situation des droits de la personne dans le Zimbabwe voisin.
Dans un communiqué publié le 14 mars, ces organisations ont appelé le président Bingu wa Mutharika à mettre à profit ses relations personnelles avec Robert Mugabe, son homologue zimbabwéen, pour aborder les problèmes auxquels le Zimbabwe est confronté. L’appel a été lancé par quatre organisations : l’Agence chrétienne pour une démocratie responsable, le développement et l’unité nationale (CARDDENU), le Centre pour les droits de la personne et de la réhabilitation, le Centre pour l’enfance et le Comité des libertés civiques.
Dans leur communiqué, les quatre organisations ont déclaré : «Continuer à se voiler la face devant la crise que connaît le Zimbabwe est une trahison pour le peuple du Zimbabwe et pour toute la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).»
Le gouvernement malawien aurait toutefois fait savoir qu’il ne prendrait pas la parole contre le Zimbabwe simplement parce que la Zambie, pays voisin, l’avait fait. Patricia Kaliati, porte-parole du gouvernement, a déclaré au quotidien «The Nation» que les organisations des droits de la personne avaient outrepassé leurs compétences, et qu’elles devraient rencontrer le président pour évoquer ces questions. Elles devraient aussi, selon elle, les évoquer avec leurs homologues au Zimbabwe.
Unis pour la condamnation de la brutalité
A Johannesburg, Brian Raftopoulos, chercheur zimbabwéen à l’Institut pour la justice et la réconciliation, basé en Afrique du Sud, a déclaré que les pays voisins pourraient au moins publier une condamnation de la brutalité et de la torture et exhorter le gouvernement zimbabwéen à prendre des mesures contre la police.
Pour Jacob Mafume, coordinateur de la coalition «Crise au Zimbabwe», qui regroupe plus de 300 organisations de la société civile, le silence de la région et de la SADC sur la situation que connaît le pays est éloquent. La SADC est une association de pays formée à l’origine en tant que communauté économique pour résister aux effets de l’apartheid en Afrique du Sud.
A Genève, Louise Arbour, haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a appelé le Zimbabwe à diligenter une enquête complète, immédiate et impartiale sur les arrestations violentes de membres de l’opposition. Elle affirme que cette forme de répression et d’intimidation d’un rassemblement pacifique est inacceptable, et que les morts la rendent encore plus inquiétante. (apic/eni/js)




