L’Eglise plaide pour une redistribution équitable des richesses

Malawi: L’Eglise catholique fête son siècle de présence devant 30’000 personnes

Blantyre, 29 juillet 2001 (APIC ) Les cent ans de présence de l’Eglise catholique au Malawi ont été célébrés samedi 29 juillet dans un stade de Lilongwe, à 350 km au nord de la capitale économique Blantayre. Le cardinal Francis Arinze, venu spécialement du Vatican, a dénoncé devant 30’000 participants le monopole de la gestion des richesses par un petit groupe de personnes.

Le cardinal Francis Arinze, délégué du pape Jean Paul II aux festivités marquant le centenaire de la présence de l’église au Malawi, a plaidé pour une redistribution équitable des richesses du pays, estimant qu’un «petit groupe de personnes ne devrait pas avoir le monopole de la gestion de cette richesse». Les chefs religieux catholiques, protestants et musulmans du Malawi ont régulièrement dénoncé depuis plusieurs années la mauvaise politique sociale du pouvoir. Ils appellent également à une redistribution des richesses nationales et au combat contre la corruption qui gangrène la société.

Mgr Arinze qui intervenait devant quelque 30’000 personnes, dont le président Bakily Muluzi, a estimé qu’il ne peut avoir de justice et de paix tant que «d’autres vivent dans un désert de pauvreté et de chômage». Faisant remarquer que les pauvres sont les premières et plus grandes victimes de la corruption et de la fraude à grande échelle dans le pays, il a appelé a lutter radicalement contre ces fléaux sociaux. Il a aussi rendu hommage à l’Eglise au Malawi qui apprend aux chrétiens à être «de bons citoyens et d’honnêtes serviteurs du bien public». Il a aussi appelé les Malawites à lutter contre le sida, qui affecte 14% de la population, par la chasteté et l’abstinence.

L’Eglise a provoqué le déclic vers la démocratie

Au plan politique, le délégué du Vatican a salué les sept évêques du Malawi qui, en 1992, ont publié une lettre pastorale très dure, dénonçant la dictature, la violation incessante des droits de l’Homme, ainsi que l’injustice sociale entre riches et pauvres. Cette lettre pastorale a été le déclic ve5s l’instauration de la démocratie. Les réactions qui ont suivi avaient abouti à l’instauration du multipartisme, puis à une élection présidentielle démocratique, transparente et régulière, remportée en 1994 par Bakili Muluzi, un ancien opposant au président Kamuzu Banda.

Intervenant de son côté, le président Muluzi, musulman, a remercié les évêques du Malawi pour leur lettre pastorale de 1992. Il a souligné que cette action «ne sera jamais oubliée dans l’histoire du Malawi moderne».

La célébration des cent ans de l’Eglise catholique a eu lieu dans un stade archi-comble et a duré plus de trois heures, avec des rythmes et chants traditionnels du pays.

Fin de la traite des esclaves grâce aux protestants

Les premiers missionnaires catholiques sont arrivés au Malawi au tout début du siècle dernier. Venus de Monfort, ils ont succédé à des missionnaires de l’Eglise protestante d’Ecosse. Ces derniers avaient fortement contribué à mettre un terme à la traite des esclaves que pratiquaient sur place les Arabes.

En un siècle de présence, l’Eglise catholique a réussi à s’imposer et à être reconnue dans le pays. Elle est considérée aujourd’hui par beaucoup comme la porte-parole de la population.

Le Malawi est situé au sud de l’Afrique et compte 11 millions d’habitants. Environ 80% de la population est catholique. Les autres Malawites sont en grande majorité musulmans et animistes. (apic/ibc/bb)

29 juillet 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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