Malawi: L’Eglise dénonce «la violence d’état» dans un pays «épris de paix»

Le pouvoir érige la violence pour détourner l’attention du peuple

Blantyre, 6 novembre 2001 (APIC) L’église du Malawi a accusé lundi le pouvoir d’avoir érigé la culture de la violence en système politique, dans un pays «éprise de paix». Elle réagissait à des attaques de jeunes militants de l’UDF (Front Démocratique Uni), le parti au pouvoir du président musulman, Bakili Mulunzi.

Selon l’Eglise, plusieurs de ses fidèles qui collectaient des fonds le mois dernier ont été attaqués et harcelés par des «Jeunes Démocrates», connus dans le pays pour être le bras armé des hautes personnalités du régime. Ces jeunes ont déclaré avoir été chargés de commettre les actes d’agression contre les chrétiens, par des dignitaires de leur parti. L’église a condamné ce comportement du parti dirigeant.

Dans un communiqué qu’elle a transmise à la presse, elle a dénoncé cette «violence d’Etat» et s’est déclarée «convaincue» qu’elle a pour but de semer la peur auprès de la population pour la détourner des préoccupations nationales. «C’est pour empêcher que les Malawites ne posent pas de questions sur la politique du gouvernement et sur d’autres questions d’intérêt national», a notamment souligné l’Eglise.

Le texte du communiqué est signé de l’abbé George Buleya, président de la commission Justice et Paix. Il a ajouté que les Malawites ne souhaitent pas revenir en arrière, au «temps de la dictature du parti unique qui a été caractérisée par la peur et l’intimidation». Le prêtre fait allusion aux 30 ans de pouvoir absolu de Kamuzu Banda, qui a dirigé le Malawi d’une main de fer de son indépendance, en 1964, à l’instauration de la démocratie en 1994. L’Eglise a joué un rôle majeur dans l’alternance à la tête du pays, grâce à une dénonciation permanente de la dictature imposée par le président Banda. (apic/ibc/bb)

7 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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