Entre 25% et 50% vont mourir du sida d’ici à 2005

Malawi: Le sida décime les rangs des Forces de Défense du Malawi

Lilongwe, 2 avril 2003 (Apic) Entre 25% et 50% des hommes et des femmes engagés dans les Forces de Défense du Malawi vont probablement mourir du sida d’ici à 2005, rapporte l’hebdomadaire zambien «The Chronicle Newspaper» de Lilongwe. En raison de leur comportement, les soldats forment un groupe à risques particulier.

Selon un rapport de Panos/Onusida sur les facteurs contribuant au développement de la pandémie, présenté jeudi dernier dans la caserne de Kamuzu, à Lilongwe, l’armée du Malawi connaît un fort recul de ses ressources humaines en raison de l’incidence importante de la maladie sur les troupes.

A l’heure actuelle, en raison du sida, les capacités de l’armée du Malawi sont réduites à 60% de ce qu’elles devraient être, d’après des informations non publiées. Un des facteurs de risques est l’affectation de soldats pendant de longues périodes loin de leurs communautés habituelles ou de leurs familles. C’est là qu’ils contractent souvent le virus auprès d’autres partenaires sexuels.

L’an dernier, 105 hommes de troupe ont quitté l’armée et 131 autres sont morts principalement en raison de maladies liées au sida. Les soldats d’active décédés laissent derrière eux plus de 500 enfants, dont un quart sont susceptibles d’être infectés par le VIH. La croissance de la maladie ne fait que commencer et le nombre des décès est en rapide augmentation.

Le ministre de la Défense Rodwell Munyenyembe reconnaît que ses troupes ont connu un important déclin en raison du sida, tant à cause des décès que du ralentissement du travail dû aux personnes affectées par la maladie ou en phase finale. Le général Joseph Chimbayo, commandant de l’armée, souligne que les soldats sont un groupe à risques, car leur mission, souvent dans un environnement hostile, les expose davantage que d’autres à contracter des maladies sexuellement transmissibles, dont le sida.

Pour le général Chimbayo, parmi les facteurs qui les prédisposent à contracter le sida, il y a le sentiment répandu parmi les soldats d’être invincibles, le fait qu’ils aient de l’argent prêt dans leur porte-monnaie mais n’utilisent pas de préservatifs. Ils vivent de plus dans une situation de pression extrême de la part de leurs camarades pour avoir des relations sexuelles et agir d’une manière agressive. Le «syndrome de la conquête» joue également un rôle important dans ce genre de comportements.

Deux millions de personnes infectées d’ici 2010

Le Malawi est probablement l’un des pays les plus pauvres d’Afrique, et connaît le taux de VIH le plus élevé du continent. Le sida s’étend dans tout le pays par voie hétérosexuelle. Les femmes sont les principales victimes à cause de leur statut inférieur dans la société traditionnelle. Il leur est difficile d’insister pour avoir des relations sexuelles protégées avec leur partenaire ou leur époux.

Une autre cause du développement de la pandémie est la prostitution. Nombre de femmes et de jeunes filles débutent dans cette pratique à cause de la pauvreté. Cette forme de relations sexuelles commerciales est courante parmi les écolières qui sortent avec des «papas gâteaux» pour obtenir de l’argent. Selon une étudiante, de nombreuses élèves des écoles secondaires sont atteintes du VIH/sida. On compte déjà bien plus qu’un demi million d’orphelins du sida au Malawi et si le taux d’infection ne descend pas, quelque deux millions d’habitants du Malawi pourraient contracter le virus VIH d’ici à l’an 2010, selon l’Onusida. (apic/chron/be)

2 avril 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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