Mise en garde après la tentative de coup d’Etat
Malawi: Les Eglises du pays souhaitent organiser une table ronde pour éviter une crise
Blantyre, 13 janvier 2005 (Apic) Les responsables d’Eglise malawiens proposent leur médiation dans le conflit qui oppose des factions rivales du parti du Front démocratique uni. Cela, disent ces responsables, afin d’éviter une crise et des troubles après la tentative de coup d’Etat.
La société civile et les Eglises ont en effet lancé des appels à la tenue de pourparlers après la tentative de coup d’Etat perpétrée par des politiciens restés fidèles à l’ancien président Bakili Muluzi, et qui auraient essayé d’assassiner son successeur, Bingu wa Mutharika, le 5 janvier.
«Attendre pour régler le conflit ne fera qu’aggraver la situation», a estimé le directeur exécutif du Forum pour la paix et la réconciliation, le pasteur Ian Longwe. Le Forum a proposé de réunir des responsables d’Eglise et autres acteurs concernés par la crise à participer à une table ronde afin de faciliter la réconciliation. Les factions rivales ont d’ores et déjà décliné cette proposition.
Pour le prêtre catholique Boniface Tamani, président de la Commission pour les affaires publiques, qui regroupe des organisations religieuses, l’Eglise ne pourra intervenir qu’avec l’autorisation du parti au pouvoir et du gouvernement.
Depuis l’arrivée de Bingu wa Mutharika au pouvoir en mai dernier, des factions rivales s’entre-déchirent au sein du parti au pouvoir après les plaintes concernant la campagne de tolérance zéro contre la corruption lancée par le président et qui a entraîné l’arrestation de plusieurs politiciens. Certains l’ont accusé de mener une chasse aux sorcières.
Depuis un certain temps déjà, les Eglises du Malawi cherchent à servir de médiateurs entre les factions, mettant en garde contre les effets désastreux qui pourraient plonger ce petit pays d’Afrique australe, considéré par les agences des Nations Unies comme l’un des plus pauvres du monde, dans le chaos.
Durant la campagne pour les élections générales de mai 2004, certains membres du clergé avaient été critiqués par le parti au pouvoir. Ce dernier les accusant de manquer d’impartialité en prenant parti pour l’opposition et son candidat, en violation des règles électorales. (apic/eni/pr)




