Pressions de l’Arabie Saoudite?
Malawi: Les islamistes ne veulent plus de bibles à l’école
Lilongwe, 6 juillet 2000 (APIC) L’enseignement de la Bible risque d’être rayé des programmes scolaires au Malawi. Une réforme gouvernementale, soutenue par des musulmans mais bloquée par la protestation des Eglises, entend obliger les écoles gérées par des religieux chrétiens à enseigner le coran et les religions traditionnelles.
Selon des sources de l’Agence vaticane Fides, la fête nationale islamique de l’Eid avait déjà été introduite en novembre dernier et récemment le calendrier scolaire a été adapté à la culture islamique. » Il est impossible de ne pas voir dans ces changements les étapes d’un processus d’islamisation du pays «, affirmaient ces sources, qui n’hésitent pas à désigner des pressions de l’Arabie Saoudite.
La réforme instituée par le ministère de l’Education pour les écoles secondaires de l’Etat et les écoles subventionnées prévoit la suppression du cours intitulé «Connaissances bibliques», obligatoire jusqu’ici. En remplacement, le ministère voulait insérer un cours d’»Education religieuse et morale», qui comprend l’enseignement d’autres religions. En l’occurrence l’Islam et l’animisme, tout en réservant une part bien plus importante à l’enseignement de l’Islam , commente une source locale.
La réforme – en suspens pour le moment – concernerait aussi les écoles privées gérées par l’Eglise ou d’autres confessions chrétiennes et subventionnées par le gouvernement. Celles-ci devraient assurer l’enseignement du coran et des religions traditionnelles, en engageant des professeurs qui les pratiquent.
Les évêques se sont opposés à la réforme et ont envoyé une délégation protester auprès du ministre de l’Education contre une décision unilatérale, les autorités ecclésiastiques qui gèrent les écoles privées n’ayant jamais été consultées. La protestation de l’Eglise a obligé le président Bakili Muluzi à retirer le projet de réforme et à créer une commission mixte composée du ministère de l’Education et des confessions religieuses intéressées.
Au sein du Comité, siègent la Conférence épiscopale du Malawi, le Conseil des Eglises du Malawi (MCC), l’Association Musulmane (MAM), l’Eglise Adventiste (SDA) et l’Association des Religions Traditionnelles Africaines (ATR).
Les positions des groupes religieux sur la réforme sont variées : les catholiques et le Conseil des Eglises revendiquent les connaissances bibliques comme matière » à laquelle il est impensable de renoncer»; les adventistes demandent la suppression tant du cours de connaissances bibliques que de celui d’Education religieuse et morale; les animistes estiment que la législation doit être revue car » certaines croyances ne peuvent pas être enseignées en public, étant donné qu’il s’agit d’enseignements initiatiques secrets»
De son côté, l’Association musulmane – qui a pu suivre le cheminement parlementaire de la réforme – demande que le cours de Connaissances bibliques soit remplacé par celui d’Education religieuse et morale, tant dans les écoles de l’état que dans les écoles subventionnées.
Lors de la dernière réunion de la commission mixte, tous les membres en présence – à l’exception des musulmans – sont parvenus à un accord qui rend les deux cours facultatifs : tout étudiant doit pouvoir choisir l’enseignement qu’il veut suivre. Les délégués musulmans se sont opposés à cet accord, déclarant qu’il » constitue une occasion d’affrontement direct entre chrétiens et musulmans «.
Le Malawi compte environ 10 millions d’habitants. Les chrétiens représentent 64,5 % de la population (27,6% de catholiques et 33,7% appartenant à différentes dénominations). 16 % de la population est musulmane et le reste est animiste. Avec un taux de 56 % d’alphabétisés, le Malawi est l’un des pays africains où l’instruction atteint un bon niveau, notamment grâce à l’Eglise catholique. (apic/ci(mm/pr)




