Mgr Chiona dénonce l’usage de la violence
Malawi: Troubles post-électoraux inquiétants
Blantyre, 30 juin (APIC) Le chef de l’église catholique du Malawi, Mgr James Chiona, archevêque de Blantyre, a dénoncé l’usage de la violence comme forme de contestation des résultats de l’élection présidentielle du 15 juin dernier. Celles-ci ont été remportées officiellement à une courte majorité par le président sortant, Bakili Muluzi, contre son adversaire de l’opposition, Gwanda Chakwamba.
Selon l’archevêque, cette violence peut avoir des conséquences sur «la rhétorique de réconciliation» des leaders politiques du pays, dont le président Muluzi. «Le ton devrait être à la réconciliation», a-t-il souligné en évoquant le discours d’investiture du président réélu pour un nouveau mandat de cinq ans.
Dans cette allocution, le président Muluzi s’est montré particulièrement dur envers l’opposition, l’accusant notamment de vouloir planifier une guerre civile afin de contrer sa victoire.
Très populaire dans son pays d’environ 11 millions d’habitants dont 4 millions de musulmans, Mgr Chiona a été le premier à s’opposer au régime autocratique de l’ancien président Kamuzu Banda, à travers une lettre pastorale très critique à l’égard de ce pouvoir. Son mauvais état de santé ne lui a pas permis de participer, il y a quelques jours, à la réunion annuelle des évêques du Malawi.
Le message de Mgr James Chiona fait suite à de violentes manifestations dans le nord du pays, la semaine dernière, après l’annonce de la victoire du président Bakili Muluzi. L’opposition qui a rejeté cette victoire, a fait descendre dans les rues ses militants. Selon la police, ces troubles ont fait cinq morts. En outre, une douzaine de mosquées ont été incendiés, ainsi que des résidences et des commerces. De nombreuses familles ont été contraints de fuir leurs foyers pour trouver refuge dans les régions centre et sud du pays.
Face à cette situation, l’archevêque a appelé le gouvernement et l’opposition à se retrouver autour d’une table-ronde pour discuter des voies et moyens de sortir le Malawi de la violence et d’éviter une effusion de sang.
Après sa réélection contestée, le président Bakili Milurzi, un musulman, a prêté serment sur le Coran, tandis que son vice-président, un chrétien, l’a fait sur la Bible. (apic/ibc/pr)



