340 millions d’Africains vivent avec moins d’un dollar par jour
Mali: Contre G8 à Siby, dénonciation du néo-libéralisme mondial
Bamako, 26 juin 2002 (APIC) Des représentants de quelque deux cents Organisations non gouvernementales (ONG) et de la société civile du Nord et du Sud, ont entamé mardi 25 juin à Siby (52 km au sud de Bamako) un contre sommet à celui du G8, qui se tient les 26 et 27 juin à Kananaskis au Canada. Les intervenants ont fustigé les injustices du système économique mondial, qui défavorise particulièrement les peuples du Sud.
Selon les correspondants de presse présents au Mali, le chef du village de Siby, Toumany Camara, en souhaitant la bienvenue aux participants, a appelé les pays riches à être moins égoïstes. Les différents intervenants qui l’ont succédé se sont insurgés contre le poids de la dette africaine, ainsi que la marginalisation de l’Afrique.
Les organisateurs du contre sommet ont aussi qualifié d’injuste le système économique et social mondial actuel. Ils ont rappelé que 340 millions d’Africains vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins d’un dollar par jour. Ils ont aussi dénoncé le caractère anti-démocratique du G8, en faisant remarquer que «8 personnes vont décider du destin de millions et de millions d’habitants de tous les continents en privilégiant les intérêts des multinationales, des Etats industriels et des gouvernements corrompus du Sud».
Aminata Touré Barry, présidente de la section malienne de Jubilé 2000, co- organisateur de la manifestation, a déclaré à la BBC que le problème qui se pose en Afrique est surtout celui de l’endettement.
Des dirigeants qui parlent «au nom de l’Afrique»
La présidente du Jubilé 2000 du Mali s’est aussi offusquée de l’invitation faite à quatre chefs d’Etat africains de participer au sommet de Kananaskis pour présenter le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Les président Abdoulaye Wade du Sénégal, Abdelaziz Bouteflika de l’Algérie, Olusegun Obasanjo du Nigeria et Tabo Mbeki d’Afrique du Sud ont été invités par le G8 à cause de leur implication directe dans le NEPAD, dont ils sont les concepteurs. «De quel droit les dirigeants du G8 se permettent-ils de choisir ces dirigeants africains pour parler au nom de toute l’Afrique», demande Aminata Touré Barry.
Selon elle, les populations africaines qui sont les plus meurtries par le poids de la dette à cause des politiques néo-libérales de ces chefs d’Etat, ne sont pas associées à l’élaboration du NEPAD.
Le Sommet de Siby vise à dénoncer la mondialisation et à appeler à l’annulation de la dette africaine, estimé à 376 milliards de dollars. Il est marqué par une forte charge symbolique, car organisé dans un village où a été adopté en 1235, la constitution de l’empire du Mali, dirigé à l’époque par l’empereur Soundiata Keita. Cet empire s’étendait sur la plupart des pays de l’Afrique de l’ouest. (apic/ibc/sh)




