Le Mali est en proie à des violences islamistes, depuis mars 2012 | © Flickr/un_photo/CC BY-NC-ND 2.0
International

Mali: un ministre soulève l’indignation des chrétiens

Mahamadou Koné, ministre des Affaires religieuses et du culte du Mali, a déclenché l’indignation des chrétiens du pays, en déclarant que le pays était «une république islamique», après avoir évoqué «a possibilité de l’application de la Charia (loi islamique)».

Le 7 août dernier, une délégation de la Communauté de Sant’Egidio s’est rendue dans le pays, afin de «rechercher de nouvelles voies de dialogue entre les forces politiques et les communautés ethniques», d’une part. Et d’autre part, «soutenir le processus de transition qui devrait conduire le pays, d’ici un an, à des élections et à la rédaction d’une nouvelle constitution». La délégation a rencontré, à cette occasion, le gouvernement de transition, en place depuis un an, et les autorités religieuses du pays.

Présidant l’ouverture d’une rencontre nationale «d’échanges sur la situation socio-politique et religieuse du Mali», organisé par le Haut conseil islamique du pays, le ministre des Affaites religieuses et du culte Mahamadou Koné a déclaré, en substance: «Y compris d’autres situations qui s’imposent dans notre République islamique», ont rapporté les médias maliens et Radio France internationale.

Dans sa déclaration, citée par un communiqué du Collectif des intellectuels chrétiens du Mali pour la cohésion sociale, la bonne gouvernance et la paix (CICCGP) publié sur sa page Facebook, le ministre Mahamadou Koné a annoncé «l’annulation de tout projet de loi n’étant pas en conformité avec les principes de l’lslam».

Consternation de la communauté chrétienne

Exprimant la «consternation» de la communauté chrétienne face à cette déclaration, le collectif a fermement condamné ces propos, qui violent l’article 25 de la Constitution du pays. Celui-ci stipule que «le Mali est une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique et sociale».

Le collectif, renouvelant l’attachement des chrétiens au caractère «laïc» de l’Etat, a invité le gouvernement de transition «à prendre les dispositions nécessaires, afin de rappeler le ministre des affaires religieuse et du culte, au respect de l’ordre constitutionnel et de ses prérogatives, et de veiller, à ce que désormais cela ne se reproduise plus».

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont demandé au ministre Koné de présenter des excuses aux chrétiens. Face à cette levée de boucliers, le ministère des Affaires religieuses a qualifié «d’erreur de langage» les propos du ministre. «Le Mali est et demeure un pays laïc», a réaffirmé le service de communication ministère. (cath.ch/ibc/bh)

Opération Serval
Le Mali, vaste pays de près de 20 million d’habitants à plus de 90% musulmans, est en proie à la violence exercée par des groupes radicaux musulmans, depuis 2012. Ils ont occupés pendant près d’un an les régions Nord de Tombouctou, Kiddal et de Gao, imposant la charia comme mode de gouvernement. Ils en ont été chassés par une coalition armée, dont la France, dans le cadre de l’opération «Serval», en 2013. L’ONU a ensuite déployé une mission de paix: la MINUSMA (Mission des Nations-Unies pour la stabilisation du Mali). La mission avait pour but d’assurer la transition politique dans le pays. IBC

Le Mali est en proie à des violences islamistes, depuis mars 2012 | © Flickr/un_photo/CC BY-NC-ND 2.0
16 août 2021 | 17:03
par Ibrahima Cisse
élections (98), Mali (52), ONU (161), Sant'Egidio (46), Violence djihadiste (5)
Partagez!