Malte: «Aucune religion ne peut tolérer et prêcher le terrorisme», affirme le cardinal Martino
Série de conférences à Malte
La Valette, 18 février 2007 (Apic) Le cardinal Renato Raffaele Martino a déclaré samedi 17 février qu’aucune religion ne pouvait tolérer et «encore moins prêcher» le terrorisme. Le président du Conseil pontifical «Justice et Paix» effectue un séjour à Malte où il donne des conférences durant le week-end sur le thème «La solidarité dans un monde violent et intolérant», en abordant la doctrine sociale de l’Eglise.
Le prélat romain a puisé son inspiration pour ses interventions dans le Message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix 2007 et dans les encycliques «Populorum Progressio» de Paul VI et «Sollicitudo Rei Socialis» de Jean Paul II. Le cardinal Martino a également rencontré la presse sur des thèmes comme la responsabilité des media et le devoir d’informer correctement.
«Aucune religion ne peut tolérer le terrorisme et encore moins le prêcher», a ainsi affirmé le cardinal Martino lors d’une conférence sur «Paix, violence et religion», devant les élèves du «St Aloysius College» de la localité de Birkirkara. «Se proclamer terroristes au nom de Dieu, a encore estimé le haut prélat, est de la profanation et du blasphème». Et d’affirmer qu’»aucun motif religieux ne peut nous entraîner à considérer les autres comme des ennemis contre lesquels combattre».
Les grandes religions de l’humanité, a soutenu le cardinal Martino, ont le devoir absolu de travailler ensemble pour diffuser une plus grande conscience de l’unité de la famille humaine, de manière à éliminer les causes culturelles du terrorisme. Elles doivent enseigner que «la dignité de la personne humaine est grande aux yeux de Dieu et que jamais la violence ne peut être justifiée au nom de Celui qui est Amour». A ses yeux, le service que les religions peuvent rendre à la paix et à la lutte contre le terrorisme consiste précisément dans la pédagogie de l’amour et de la réconciliation.
Le terrorisme a changé de nature
Le terrorisme s’est transformé, a aussi constaté le cardinal italien, passant d’actes isolés d’extrémistes seuls à un réseau sophistiqué de «coopération politique, technologique et économique, ayant souvent accès à ressources financières immenses et des stratégies planifiées à grande échelle».
D’après le cardinal Renato Raffaele Martino, les individus et les pays pris pour cible par le terrorisme sont tentés de rendre «oeil pour oeil, dent pour dent», dans un esprit de vengeance. Mais, insiste-t-il, cette façon d’agir ne fait qu’augmenter la violence dans un tragique cercle vicieux, alors qu’il faut «une coopération internationale efficace au niveau politique pour résoudre avec courage et détermination les problèmes qui, dans certaines situations dramatiques, ajoutent de l’essence sur le feu des terroristes». (apic/imedia/ami/be)



