Manifestation générale des musulmans vendredi 8 janvier

Malaisie: Les non-musulmans autorisés à utiliser le nom d’»Allah» dans leurs publications

Kuala Lumpur, 7 janvier 2009 (Apic) Le gouvernement fédéral de Malaisie s’est déclaré dépassé par l’ampleur des protestations contre l’autorisation accordée aux non-musulmans d’utiliser le nom d’»Allah» dans leurs publications. Ce vendredi, les militants musulmans du pays ont appelé à une manifestation générale contre cette décision de la Haute Cour de Kuala Lumpur.

Le Premier ministre malaisien Najib Abdul Razak s’est dit dans l’incapacité d’empêcher la manifestation générale prévue pour vendredi 8 janvier, jour de prière dans toutes les moquées du pays, contre la décision du 30 décembre dernier de la Haute Cour de Kuala Lumpur. Le tribunal a autorisé, à l’issue d’une longue bataille juridique, les non-musulmans à utiliser le mot «Allah» dans leurs écrits.

La bataille fait déjà rage sur Facebook

Dès la publication du jugement, qui avait provoqué une levée de boucliers immédiate au sein de la majorité musulmane de la Malaisie, le gouvernement a annoncé qu’il allait faire appel de la décision, tout en appelant, en vain, la population au calme. Sur le réseau Facebook, un groupe se dénommant «Les opposants à l’utilisation du mot Allah par les non-musulmans» a déjà enregistré sur la page dédiée à l’affaire plus de 119’000 adhésions, rapporte «Eglises d’Asie» (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP).

Face aux musulmans hostiles à la décision de la Haute Cour, la mobilisation sur internet des partisans de la récente décision de justice se sont eux aussi mobilisés. Toujours sur Facebook, un groupe de «Soutien à l’utilisation du mot ›Allah’ par tous les Malaisiens» a réussi à réunir quelque 11’000 supporters.

Parmi les quelques voix modérées qui se sont fait entendre sur la scène politique, on note celle du leader de l’opposition, Anwar Ibrahim, qui a enjoint les membres de son parti, le People’s Justice Party (ou Keadilan Rakyat), de ne pas prendre part aux manifestations. Le 6 janvier, la Haute Cour a autorisé le ministère fédéral de l’Intérieur à suspendre sa récente décision dans l’attente du jugement en appel, dont l’échéancier de procédure n’a pas encore été fixé.

L’Eglise catholique joue la modération

Concernée au premier chef par la polémique, l’Eglise catholique s’est voulu, elle aussi, conciliante. Mgr Murphy Nicholas Xavier Pakiam, archevêque de Kuala Lumpur et éditeur de l’hebdomadaire catholique «Herald – The Catholic Weekly», a ainsi accepté de ne pas appliquer la décision du 30 décembre 2009 qui autorise son hebdomadaire à utiliser le mot «Allah» dans sa version en langue malaise, jusqu’à ce que le jugement en appel soit prononcé.

Quant au rédacteur en chef de la publication de l’archidiocèse, le Père Lawrence Andrew, il a exprimé la crainte qu’il soit difficile de rendre un jugement impartial dans un tel contexte. L’Herald, principal hebdomadaire catholique du pays, est à l’origine de la polémique qui divise le pays, ayant revendiqué le droit d’user du terme «Allah» dans ses colonnes. Le journal argue du fait que ce mot, à l’origine pré-islamique, a toujours été employé par les chrétiens de langue malaise pour dire «Dieu». De plus, comme le souligne auprès de l’agence catholique UcaNews, Bernard Dompok, membre catholique du gouvernement, dans certaines régions de Malaisie comme l’Etat de Sabah (en Malaisie orientale), les chrétiens ont coutume d’appeler Dieu «Allah», le malais étant la langue la plus couramment en usage parmi les jeunes générations. (apic/eda/be)

7 janvier 2010 | 17:34
par webmaster@kath.ch
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