La réponse du berger à la bergère

Marche zapatiste: Marcos donne une leçon d’histoire au gouverneur Loyola

Mexico, 2 mars 2001 (APIC) Plusieurs milliers de personnes ont accueilli à Querétaro (Etat de Querétaro) la délégation zapatiste guidée par le sous-commandant Marcos. Le chef de l’Ezln (Armée zapatiste de libération nationale) a âprement répondu au gouverneur du Pan (Parti d’action nationale, auquel appartient le président Vicente Fox) Ignacio Loyola, favorable à la peine de mort pour les guérilleros.

Marcos a voulu donner une «leçon d’histoire», a-t-il lui-même déclaré, à Loyola en lui rappelant qu’en 1857, Maximilien de Habsbourg, frère de l’empereur François-Joseph, auquel Napoléon III offrit la couronne du Mexique en 1963, fut fusillé à Querétaro. «Si Loyola connaissait l’histoire de l’Etat qu’il gouverne – a affirmé le sous-commandant – il saurait que c’est un gouvernement conservateur comme le sien qui fut vaincu par une armée patriote comme la nôtre.

Les condamnés à mort – a-t-il souligné – «furent les conservateurs comme lui et non les patriotes comme nous».

En attendant, le «zapatour» a légèrement modifié son parcours à cause d’un accident de la route survenu à environ 50 kilomètres de Querétaro. Un policier y a trouvé la mort et plusieurs militants zapatistes y ont été blessés. Les participants à la marche auraient dû d’abord arriver à Nurio (Etat de Michoacán) où s’ouvre aujourd’hui le troisième Congrès national indigène, mais ils ont dû dévier vers Querétaro.

Les délégués de l’Elzn atteindront Nurio ce matin. La marche devrait se conclure par l’arrivée à Mexico le 11 mars.

Le Conférence des évêques du Mexique se déclare par ailleurs prête à accueillir le sous-commandant Marcos, sous «certaines conditions», liées à la sécurité de la marche. Une sécurité qui pourrait non être troublée par les zapatistes, mais bien par les forces paramilitaires inféodées au pouvoir. Des menaces de mort contre les marcheurs et le sous-commandant Marcos ont été adressées dans ce sens. Les observateurs estiment d’ailleurs que le mouvement zapatiste n’a aucun intérêt à provoquer des troubles. Il n’en va pas de même pour des politiciens ou des gouverneurs comme celui de l’Etat du Querétaro. (apic/mna/pr)

2 mars 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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