Brésil : L’Action de Carême suisse présente au Sommet des peuples de Ri0
Markus Brun met l’accent sur le développement durable
Rio de Janeiro, 19 juin 2012 (Apic) Markus Brun, responsable de la politique de développement d’Action de Carême suisse, a fait le déplacement au Brésil pour le Sommet de la Terre (Rio+20) et pour le Sommet des Peuples, organisé par la société civile internationale. Les résultats concrets de Rio+20 s’annoncent d’ores et déjà décevants. L’Action de Carême des catholiques suisses, lutte contre la pauvreté dans 14 pays du Sud. Elle y promeut en particulier les droits de l’homme et la souveraineté alimentaire.
Apic:Avec quels objectifs êtes-vous venus au Rio+20 ?
Markus Brun: Nous sommes venus ici en espérant que le succès qui avait marqué le Sommet de la Terre, ici même à Rio de Janeiro, en 1992, allait trouver une confirmation et une actualisation au Rio+20. Mais cet espoir s’amenuise chaque jour davantage. C’est d’autant plus regrettable que nous pensons que la pauvreté, les problèmes sociaux en général, les questions économiques et d’environnement doivent trouver une articulation commune. Plus que jamais, le moment est venu de mettre en commun toutes les bonnes idées et de faire en sorte que le concept de développement durable trouve des réponses et des actions concrètes.
Apic:L’un des principaux thèmes débattu ici est l’économie verte. Quelle est la position d’Action de Carême sur ce thème ?
M.B.:Nous pensons que ce terme en tant que tel n’est pas particulièrement approprié car on limite le concept à deux aspects : « économie » et « vert ». Or, le terme de durabilité est bien plus ample puisqu’il inclut également une dimension sociale et de défense des droits humains.
Apic:Action de Carême est présente à ce Sommet de la Terre et au contre Sommet avec des partenaires venus de pays différents,notamment d’Afrique. Pour quelles raisons ?
M.B.: Pour nous, il est très important de pouvoir emmener des voix du Sud qui sont concrètement concernées par les problèmes évoqués lors du sommet: sécurité alimentaire, changements climatiques, justice entre hommes et femmes, etc. Nous estimons en effet qu’il est important que ces personnes puissent présenter leur travail devant le plus grand nombre. C’est aussi l’occasion de prendre conscience des réalités, à travers des travaux présentés par différents acteurs venus de tous les continents.
Apic: Concrètement, comment travaillez-vous pour faciliter la mise en relation de ces partenaires ?
M.B.: Nous travaillons en réseau avec d’autres ONG suisses, mais aussi avec d’autres organisations de développement catholiques à travers la CIDSE (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité). A travers ces réseaux, nous avons des contacts avec diverses organisations, à l’image de cette tente oecuménique dans laquelle nous sommes.
Apic: Avant même de commencer, Rio+20 semble voué à l’échec. Quel est votre sentiment ?
M.B.: A dire vrai, nous ne sommes pas venus avec des espoirs trop grands. Mais on peut espérer toutefois quelques résultats. Il nous semble primordial que l’on arrive à mettre en marche un processus pour parvenir à atteindre les objectifs du développement durable. Pendant deux ans, jusqu’en 2015, nous avons encore en perspective les objectifs du millénaire (OMD) destinés à réduire la pauvreté de moitié à cet horizon. En outre, on se rend compte avec la triple crise -économique, financière, climatique- que les problèmes sont aujourd’hui tellement importants que seules les solutions au niveau global sont adaptées. A L’Action de Carême, nous sommes convaincus qu’une nouvelle charte avec des objectifs de développement durable serait importante.
Apic: Certaines organisations de la société civile ont été associées au sommet officiel. Avez-vous le sentiment qu’elles ont été écoutées ?
M.B.:Je crois que l’on respecte les ONG. Il y a même un certain effort pour les entendre à défaut de les écouter ! Mais les tensions entre les Etats sont telles que les points de vue défendus par la société civile sont un peu marginalisés.
Apic: Il est question de créer une Organisation Mondiale de l’Environnement. Qu’en pensez-vous ?
M.B.: En termes de gouvernance, l’ONU est face à de nombreux défis. A priori, créer une structure pour l’écologie et l’environnement est une bonne chose. Mais il y a un risque que l’on oublie les défis sociaux. Nous pensons donc qu’il serait plus judicieux de créer un Conseil de la Durabilité à l’image du Conseil des Droits de l’Homme, avec les mêmes prérogatives que ce dernier, afin que toutes les dimensions de la durabilité soient prises en compte avec le même poids. (apic/com/rz)



