L’Etat traque les mosquées illégales

Maroc: A Casablanca, les lieux de culte informels se chiffrent par centaines

Rabat, 24 juin 2003 (Apic) La prolifération des mosquées clandestines inquiète l’Etat marocain et les citoyens du pays. Dans le seul département de Casablanca, le nombre de lieux de culte musulman s’évalue en centaines. L’Eat, qui n’en contrôle qu’une minorité, a ordonné au service de sécurité de recenser toutes les mosquées et de fermer toutes celles qui ne répondent pas à la loi.

Les lieux de recueillement et de prière ont véritablement envahi le royaume. Le ministère des Habous (biens culturels) et des Affaires islamiques n’exerce qu’un contrôle limité sur eux, souligne le quotidien casablancais «Libération». A El Fida Derb Soltane (préfecture de Casablanca), par exemple, l’Eat ne contrôle qu’une vingtaine de mosquées sur les 100 qui y sont implantées. Il en est de même dans la préfecture voisine d’Anfa et dans le département du Grand Casablanca. Dans toutes les mosquées non contrôlées, les intégristes «prêchent la haine et l’obscurantisme», ajoute le journal marocain.

Depuis les attentats islamistes du 16 mai dernier à Casablanca qui ont fait 41 morts, le gouvernement marocain a décidé de reprendre les choses en main. Il a récemment ordonné un recensement de tous les lieux de culte et la fermeture de tous ceux qui ne sont pas conforme à la réglementation sur le fonctionnement et l’organisation des mosquées de 1984.

Une autorité religieuse parallèle

L’indifférence des autorités locales était considérée jusqu’à maintenant comme une approbation ou même un encouragement indirect à l’implantation de mosquées clandestines. Beaucoup d’entre elles sont des lieux de culte de fortune aménagés avec de simples rideaux tirés dans une pièce, un garage ou un souterrain d’immeuble. Les fanatiques qui les animent donnent l’impression de vouloir sensibiliser les citoyens aux préceptes de l’islam, mais s’érigent en réalité en autorité religieuse «parallèle». Ils mettent en cause les principes religieux et politiques de la nation, en prônant le wahhabisme et le chiisme, deux branches de l’islam radical importées de l’Orient.

Certains fanatiques préfèrent se passer de prière pour s’adonner au commerce. Ils attendent la sortie des fidèles pour leur proposer des articles, tels que des cassettes audio et vidéo qui prêchent des idées obscurantistes, des vêtements d’origine pakistanaise et afghane, l’encens et autres plantes médicinales. (apic/ibc/bb)

24 juin 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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