50 mourchidates diplômées et embauchées dès avril 2006

Maroc : L’Etat fait la promotion des imams femmes

Rabat, 15 mars 2006 (Apic) Dès avril prochain, 50 mourchidates – l’équivalent d’imams au féminin – seront diplômées et embauchées par l’État marocain avec un contrat à durée indéterminée. Elles pourront enseigner et accompagner les fidèles, mais pas diriger la prière.

C’est le ministère des Habous et des affaires islamiques qui est à l’origine de ce développement du rôle de la femme dans le culte musulman, annonce le 14 mars l’agence catholique Misna. Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus vaste de la modernisation du champ religieux marocain. Ces mourchidates, triées sur le volet dès le début de la sélection, sont de nationalité marocaine, âgées au maximum de 45 ans, jouissent de leurs droits civiques et sont de ’bonne moralité’, mais surtout sont titulaires d’une licence ou d’un diplôme équivalent. Tels sont les critères établis par le ministère qui les a recrutées pour les faire participer – avec 150 futurs imams hommes – à un cours de formation notamment en sciences islamiques, environnement national et international.

L’obtention du diplôme final, en avril, se fera à l’issue d’un concours. La procédure permettra de recruter annuellement 50 femmes qui devront ensuite jouer un rôle d’encadrement, d’orientation, d’information et de sensibilisation religieuse, notamment parmi les Marocaines et les citoyens les plus jeunes, précise Misna. On pourra croiser ces femmes ’imams’ dans les mosquées, où elles contribueront à l’activité culturelle et sociale, donneront des cours d’alphabétisation, ou enseigneront le Coran.

La direction de la prière reste l’apanage des hommes

La seule limite à leur mandat est l’impossibilité de diriger la prière, réservée aux hommes. En réalité, la participation active de la femme à la vie religieuse remonte à une tradition musulmane ancienne au Maroc, à l’époque du Prophète, où il n’y avait pas de séparation entre les deux sexes dans les mosquées. D’ailleurs, des alimate (les ’alem’ au féminin) existent déjà dans le pays du Maghreb, dont certaines siègent au Conseil supérieur des Oulémas, au niveau des conseils provinciaux et locaux.

Selon les autorités marocaines, la promotion de ces ’imams’ femmes relève d’un souci de faire confiance aux Marocaines – en quelque sorte en leur rendant justice par leur participation active à la religion – et de prendre davantage en considération leurs aspirations et préoccupations. Certains observateurs soulignent pour leur part qu’une telle ’nouveauté’ s’explique aussi par la montée et l’affirmation progressive à l’échelle mondiale d’un féminisme islamique, et au niveau national à un mouvement récent de promotion des droits de la femme, engagé avec la réforme de la Moudawana (le code de la famille). (apic/misna/bb)

15 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!