Genève: Le COE et des théologiens sont appelés à afficher « l’unité visible »

Mary Tanner, ancienne présidente de la Commission Foi et constitution le demande

Genève, 12 octobre 2009 (Apic) Le Conseil œcuménique des Eglises (COE), le plus grand rassemblement d’Eglises au monde, doit maintenir l’objectif de l’unité visible de l’Eglise a déclaré Mary Tanner, une présidente du COE, aux théologiens des principales traditions chrétiennes réunis en Crète.

« Insister sur l’unité visible, ce n’est pas un slogan vide qu’on répète à n’importe quel propos et qui peut signifier tout ou rien », a déclaré Mary Tanner dans un discours prononcé le 8 octobre aux 150 participants de la réunion de la Commission plénière de Foi et constitution du COE, à l’Académie orthodoxe de Crète à Kolympari, en Grèce. « Si nous n’en faisons pas vivre une vision convaincante, qui le fera ? »

Les 349 Eglises membres du COE sont essentiellement issues des traditions protestante, anglicane et orthodoxe. L’Eglise catholique romaine n’est pas membre du COE mais elle est représentée à la Commission de Foi et constitution, comme le sont les Eglises pentecôtistes et évangéliques.

L’archevêque Desmond Tutu, d’Afrique du Sud, le patriarche Kirill Ier de l’Eglise orthodoxe russe, le patriarche œcuménique Bartholomée Ier de Constantinople, ainsi que Joseph Ratzinger, plus de trente ans avant de devenir le pape Benoît XVI, ont compté parmi les membres de la Commission.

« Si nous voulons exécuter efficacement notre service et rendre notre mission crédible, il nous faut rester concentrés sur l’objectif de l’unité visible de l’Eglise – une unité dans la foi, les sacrements, le ministère et la vie en relation », a indiqué Mary Tanner, ancienne présidente de la Commission de Foi et constitution.

« Le mouvement œcuménique est bien plus vaste que le Conseil œcuménique des Eglises », a rappelé Mary Tanner. Mais la vocation particulière du COE, a-t-elle affirmé, « est d’appeler les Eglises à l’objectif de l’unité visible. »

Mary Tanner a souligné qu’il était important de se souvenir que le dialogue de Foi et constitution a toujours été caractérisé par « une spiritualité qui se fonde dans la prière » et qui « ne se réduit pas à un travail aride et purement abstrait ».

Histoire de la Commission Foi et Constitution du COE

Les origines de la Commission remontent à 1927, lorsque la première Conférence mondiale de Foi et constitution s’est tenue à Lausanne, Suisse. Cette Conférence a conduit, entre autres efforts d’unité de l’Eglise, à la fondation du COE, en 1948.

Retraçant les jalons de la quête de l’unité de l’Eglise depuis la Conférence de Lausanne, Mary Tanner a souligné que l’Eglise catholique romaine fait partie de Foi et constitution depuis le Concile Vatican II (1962-1965). Elle note qu’il y a par ailleurs eu un déplacement du Nord vers le Sud et une augmentation de la participation de jeunes théologiens.

Les premières discussions de Foi et constitution portaient sur la comparaison des doctrines et des structures organisationnelles des diverses Eglises. A partir du début des années 1950, la Commission recherche le consensus sur des « documents de convergence » dans l’espoir d’avancer vers un accord sur des questions critiques.

Le plus connu de ces documents est « Baptême, Eucharistie, Ministère » (BEM), approuvé en 1982, est une exploration des terrains d’entente sur les questions liées aux sacrements et à la hiérarchie de l’Eglise. Ce texte a été envoyé aux Eglises et conseils chrétiens à travers le monde en demandant qu’ils y répondent. Au cours des années 1980, six volumes de réponses officielles ont été compilés et ont servi de base pour la poursuite du dialogue sur le chemin de l’unité visible.

Tout en admettant que le processus avait des failles, Mary Tanner a salué le document BEM en affirmant qu’il n’était rien de moins « que l’un des miracles du mouvement œcuménique. »

Une autre étude de Foi et constitution – « Confesser la foi commune » – s’est efforcée en 1991 de trouver un moyen d’exprimer « la Foi de l’Eglise au travers des âges », a déclaré Mary Tanner. « On entretenait en quelque sorte l’espoir un peu romantique que nos dirigeants pourraient un jour se retrouver à Jérusalem pour chanter ensemble notre foi commune focalisée dans le Credo – un symbole de notre unité dans la Foi. »

Selon Mary Tanner, il est possible que c’est parce que les Eglises étaient « submergées par les tâches œcuméniques » que cette étude n’a pas été mentionnée dans l’étude de BEM.

Rappelant qu’il a été récemment réédité, elle a affirmé qu’il représenterait « un document merveilleux autour duquel organiser une Assemblée du COE. » (apic/eni/js)

12 octobre 2009 | 17:19
par webmaster@kath.ch
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