Bangladesh: Les violences persistantes inquiètent les chrétiens aborigènes

Massacres sur fond de traité de paix

Chittagong Hill Tracts, 24 mai 2011 (Apic) Alors que partisans et opposants au traité de paix des Chittagong Hill Tracts, au Bangladesh, s’entretuent, les chrétiens aborigènes craignent d’être victimes de la vague de violence, indique Eglises d’Asie, l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP), le 24 mai 2011.

En 1997, le traité de paix des Chittagong Hil Tracts entre les aborigènes, représentés par le Parbatya Chattagram Jana Sanghati Samiti (PCJSS), et le gouvernement bangladais mettait fin à plus de vingt an de guerre civile. Il promettait une autonomie régionale, grâce aux conseils contrôlés par les autochtones, la restitution des terres occupées par les «colons» bengalis, le retrait de la plupart des installations militaires et la réintégration des réfugiés et déplacés indigènes. Plus de 10 ans après, l’United People’s Democratic Front (UPDF), parti régional fondé en réaction au traité, continue de rejeter les accords de paix.

Le 21 mai 2011, un règlement de compte entre le PCJSS et l’UPDF a mis le feu aux poudres. Les chrétiens aborigènes craignent maintenant une nouvelle flambée de violence. Les deux mouvements se disputent en effet depuis une décennie la suprématie sur les Chittagong Hill Tracts.

Aucun catholique n’a été maltraité

Dans le district de Rangamati, les 1’500 protestants et 500 catholiques ne cachent pas leur inquiétude. «Nous craignons une recrudescence des violences et de l’anarchie dans les Chittagong Hill», confie le révérend Birbadan Chakma, pasteur de la Bangladesh Baptist Church Fellowship (BBCF) à Ucanews. Accusé de convertir les aborigènes bouddhistes au christianisme, le pasteur déclare: «L’UPDF nous a souvent menacé de nous interdire toute activité religieuse et la situation devient vraiment désespérée». Le Père Elias Mondol, de la paroisse Saint-Joseph à Rangamati, condamne fermement le récent massacre, mais assure quant à lui qu’aucun catholique n’a été maltraité ou menacé pour le moment.

Situées dans la partie sud-est du Bangladesh, les Chittagong Hill Tracts, dont le territoire recouvre le diocèse catholique du même nom, sont une zone particulièrement isolée et démunie d’infrastructures, abritant une population majoritairement aborigène. Les communautés chrétiennes y sont peu nombreuses et disséminées dans les montagnes recouvertes de jungle. (apic/eda/amc)

24 mai 2011 | 18:00
par webmaster@kath.ch
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