Pour que les communautés ecclésiales ne disparaissent pas
Matran: Besançon montre la voie aux permanents de l’Eglise fribourgeoise
Pablo Davila, APIC
Matran,
(APIC) La situation l’Eglise de France préfigure sans doute ce qui passera bientôt dans le canton de Fribourg. L’archevêque de Besançon, Mgr Lucien Daloz, et le père Louis Mauvais, vicaire général, ont apporté aux 140 agents pastoraux, prêtres et laïcs du canton de Fribourg, réunis en session à Matran du 23 au 25 janvier, l’expérience de la réorganisation structurelle et spirituelle de leur diocèse. Pour les prêtres français, l’enjeu de la réorganisation prochaine de l’Eglise fribourgeoise est de maintenir de communautés ecclésiales vivantes, et non de faire face à la pénurie de prêtres.
«Bientôt, ce ne sont plus les prêtres mais les communautés qui manqueront». Cette phrase de Mgr Lucien Daloz sonne comme un avertissement pour les permanents fribourgeois réunis à Matran pour leur traditionnelle session annuelle de formation. Chute vertigineuse de l’effectif des prêtres, inflation du nombre de messes pour des assemblées dominicales squelettiques, communautés vieillissantes et repliées sur elles-mêmes, où les jeunes ne trouvent pas leur place. Sans parler de l’abandon progressif des valeurs évangéliques, au profit de l’importance démesurée donnée aux finances et à l’organisation.
L’expérience du diocèse de Besançon est une importante source d’inspiration au moment où l’Eglise cantonale de Fribourg négocie un virage décisif, en installant progressivement des équipes d’animation pastorale (EAP) regroupant plusieurs paroisses. «De beaux murs et des célébrations bien orchestrées ne sont pas forcément le signe d’une Eglise en bonne santé», avant prévenu le vicaire épiscopal Jacques Banderet avant la session.
61 secteurs pastoraux remplacent 771 paroisses
A Besançon, tout commence en 1990 avec des prises de contacts sur le terrain par Mgr Daloz. De l’analyse minutieuse du monde «tel qu’il est» va naître une deuxième étape, où la parole est donnée aux chrétiens: «un immense déballage de critiques, de regrets, de propositions et de souhaits souvent contradictoires». La nécessité de changer le visage des communautés, en passant «d’une Eglise du quadrillage à une Eglise du signe, qui ne s’efforce plus de rassembler tout le monde», devient alors évident. L’enjeu n’est pas une restructuration d’entreprise, mais une «véritable conversion, un changement dans les mentalités» pour maintenir vivantes les communautés.
Lors de la troisième étape, 61 unités pastorales regroupées dans 13 doyennés vont remplacer les 771 paroisses et les 36 doyennés initiaux: Elles seront coordonnées par des équipées composées de 7 personnes: un prêtre coordinateur, des prêtres coopérateurs (3 au maximum), et des laïcs bénévoles mandatés par l’évêque. Une radio locale est lancée.
La provocation vient à bout des mentalités
Pour passer des paroisses à des unités pastorales composées de plusieurs communautés ecclésiales, géographiquement éloignées, les architectes de cet «aggiornamento pastoral» ont établi des priorités et mis l’accent sur les moyens spirituels: initiation à la prière, à la vie sacramentelle et à la Parole. «Nous nous sommes enracinés en Dieu dès le départ», explique Mgr Dalo
Le père Louis Mauvais a mis en garde contre le risque d’idéaliser l’expérience de Besançon et de dévaloriser la démarche fribourgeoise. Les propositions et les réflexions des agents pastoraux, suite au témoignage de Mgr Daloz et du père Louis, seront traitées au sein de la commission de planification pastorale, qui se réunira début février. (apic/pda/mjp)




