Fin d’un tabou

Mauritanie: Les imams décident de participer à la lutte contre le sida

Nouakchott, 22 avril 2001 (APIC) Les imams des mosquées de Nouakchott, en Mauritanie, qui ont une grande influence sur la population, vont désormais s’engager dans la lutte contre le sida, bien que la pandémie ne soit pas un problème majeur de santé publique dans le pays. Cette décision, qui brise un tabou, a été prise à l’issue d’un séminaire de trois jours organisé en fin de semaine dernière à Nouakchott à leur intention.

Le ministère de la Santé et l’UNESCO ont initié ce séminaire pour mieux faire prendre conscience aux imams de la gravité que pose la maladie du sida et demander qu’ils participent pleinement à la campagne nationale de lutte contre le sida. Selon les estimations du programme national anti-sida, le taux de la maladie est de un pour cent sur une population totale de l’ordre de six millions d’habitants. Toutefois, les spécialistes s’inquiètent du fait qu’un donneur de sang sur trois est séropositif.

La quarantaine d’imams des plus grandes mosquées de la capitale mauritanienne qui ont participé à cette rencontre ont accepté donner leur accord pour y participer par des sermons et prêches qu’ils prononceront lors des grandes prières, telles que celles du vendredi. «Le consensus qui s’est dégagé autour de votre implication réelle explique l’intérêt qu’accorde la sainte religion de l’islam à la santé et au bien-être des sociétés musulmanes», a déclaré aux imans, le ministre de la Culture et de l’Orientation islamique, Isselmou ould Sid’El Moustaph, en clôturant les travaux.

Ce séminaire marque la fin d’un tabou en mauritanie où depuis près de vingt ans le sida est évoqué avec discrétion. Aussi, les chefs musulmans ont-ils proposé à l’Etat et à l’UNESCO une sorte «d’immunité morale» contre la pandémie, en encourageant, par exemple, les jeunes à se marier très tôt et en, ou encore en améliorant les conditions de vie et de revenus de la population. (apic/ibc/pr)

22 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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