Message au Symposium de Falvio Cotti, président de la Confédération

«Dans toutes les régions de notre pays, l’année 1998 aura été riche en commémorations. Par un penchant sans doute naturel, nous accordons une importance particulière à la commémoration d’actes collectifs, comme la création de notre Etat fédéral moderne il y a 150 ans. Mais l’histoire est aussi faite d’actes individuels qui ont transformé le cours de manière heureuse, ou qui aurait pu le transformer comme l’événement que nous commémorons aujourd’hui.

En ces journées de novembre de 1938, Maurice Bavaud fut seul à tenter d’éliminer Adolf Hitler. Il se retrouva encore plus seul dans une cellule d’une prison berlinoise jusqu’à son exécution le 14 mai 1941. A cet égard, on ne saurait passer sous silence les douloureux manquements de l’administration fédérale de l’époque. Vous ne les ignorez pas, le Conseiller fédéral René Felber les avait déjà déplorés il y a bientôt dix ans. Je tiens à réitérer à la famille de Maurice Bavaud les regrets sincères du Conseil fédéral.

L’acte du jeune Neuchâtelois, celui de tous ceux qui ont tenté de mettre fin à des dictatures nous poussent à nous interroger sur leur sens et leur portée, sur leur légitimité et leur efficacité. Ce débat philosophique et politique reste toujours d’actualité. Je salue donc qu’un symposium y soit consacré ici à Neuchâtel. L’acte et le sort de Maurice Bavaud doivent garder une place dans notre mémoire collective, non seulement pour ce qu’il aurait pu changer il y a plus d’un demi-siècle, mais aussi parce qu’il nous invite encore et toujours à réfléchir sur les moyens de mettre fin à des injustices et à des crimes organisés et perpétrés par l’Etat». (apic/com/ba)

9 novembre 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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