Message du cardinal Bertone: «tout migrant est une personne humaine»
France: La 85e Semaine sociale de France consacre ses débats aux migrants
Paris, 27 novembre 2010 (Apic) A l’occasion de la 85e Semaine sociale de France, qui se tient du 26 au 28 novembre au Parc Floral de Paris sur le thème «Migrants, un avenir à construire ensemble», le cardinal Tarcisio Bertone a rappelé que tout migrant est une personne humaine et qu’en tant que telle, elle possède des droits inaliénables.
Dans un message envoyé aux participants, le secrétaire d’Etat du Vatican, citant l’encyclique «Caritas in veritate» du pape Benoît XVI, les a appelés «à dépasser les réactions superficielles et émotives à travers une réflexion sérieuse et documentée sur les questions qui soulèvent de grands défis».
Le débat sur l’immigration en France soulève des questions au Vatican
C’est ce qu’a rapporté «L’Osservatore Romano» daté du 27 novembre 2010 dans un article consacré à l’immigration. Le quotidien du Vatican relève que c’est là «un thème très actuel» en France sur lequel se sont tournés les projecteurs après le «tour de vis» décidé par le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Ce dernier a ciblé les Roms et les clandestins.
Le «numéro deux» du Saint-Siège a lui aussi constaté un «contexte particulièrement marqué par des inquiétudes, parfois exagérées, liées à l’avenir et à l’identité même des sociétés occidentales». «S’il revient aux Etats de gérer le phénomène migratoire en vue du bien commun, il est important, a expliqué le cardinal Bertone, de toujours se rappeler que chaque migrant est une personne humaine et, en tant que telle, possède des droits inaliénables».
Chaque année, les Semaines Sociales organisent une session nationale de 3 jours consacrée à une question sociale contemporaine. Ces sessions sont un lieu de formation, de réflexion et de débat qui contribuent au lien social et à la recherche de solutions concrètes. Elles introduisent dans le débat public le témoignage de la pensée chrétienne. Ces journées, qui rassemblent cette année 3’200 participants en moyenne par jour, se composent de conférences plénières, de tables-rondes, de débats et d’ateliers et font intervenir de nombreuses personnalités: des sociologues, des philosophes, des personnalités du monde associatif et économique, des théologiens, des hommes politiques…
Une partie de la classe politique française relaie «l’anxiété identitaire»
De plus en plus ces dernières années, la session s’ouvre à la dimension européenne en invitant des intervenants ainsi que des participants de différents pays d’Europe. Parlant de «l’anxiété identitaire», Jérôme Vignon, président des Semaines Sociales de France, relève que la stigmatisation de la présence de personnes venues d’autres cultures et religions, notamment musulmane, suscite des «réactions de peurs excessivement relayées par une large part de nos représentants politiques». Et de se demander «dans quelle mesure notre tradition républicaine peut-elle faire place à une culture de la diversité ?».
Ces journées ont permis de faire entendre la parole des Eglises, qui ont souvent pris la défense de la dignité humaine sur ce sujet, ainsi que celle des chrétiens engagés au jour le jour pour accueillir ces immigrés et «construire avec eux un avenir commun». Elles ont aussi donné largement la parole aux personnes issues de l’immigration, afin de mieux comprendre leurs parcours et leurs situations. «Cela est en effet indispensable pour mettre fin aux préjugés, appréhender de façon plus sereine cette question des migrations et réaliser un peu plus la richesse que constitue pour une société la diversité des profils et des cultures». (apic/imedia/com/ssf/be)



