Message du pape pour la Journée des migrants: les réactions se multiplient

Cinq jours après la publication du message du pape pour la Journée des migrants, les réactions se multiplient dans la presse internationale. Le Père Michael Czerny, responsable de la section Migrants et Réfugiés au Dicastère pour le service du développement humain intégral, a notamment répondu le 25 août 2017 aux critiques suscitées par ce texte.

Le Père Czerny confirme à l’hebdomadaire français catholique Famille chrétienne qu’à ses yeux, ce dernier message pontifical est plus engagé parce que plus pratique. Il veut répondre à la question: «que peut-on faire [pour les migrants]?». Il s’agit ainsi pour lui d’un texte pastoral, qui s’adresse à l’Eglise et au peuple de Dieu.

Pour le Père Czerny, l’Eglise reconnaît bien la responsabilité de l’Etat dans la sécurité nationale, ainsi que le droit de réguler les flux de migrants. Mais cela, poursuit-il, n’est pas «la question de ce message». Ce dernier vise plutôt à donner des éléments dans le cadre de la réflexion sur les pactes globaux (Global Compacts) sur les migrants et les réfugiés, qui doivent être conclus au plan international avant fin 2018.

Le prêtre répond aussi aux polémiques sur la phrase du message incitant à faire passer la sécurité personnelle du migrant avant celle de l’Etat concerné. Pour lui la question n’est pas de savoir «laquelle des deux sécurités est la plus importante». L’Etat doit faire tout ce qui est nécessaire pour que sa sécurité nationale soit conservée mais, pour y arriver, explique-t-il, «il n’est pas autorisé à abuser des personnes».

Le Père Czerny rappelle enfin que ce message du pape a été signé le 15 août, soit avant les attentats de Barcelone. Pour lui, ces événements tragiques «ne doivent pas nous conduire à fermer nos frontières». Il réaffirme aussi que «le droit de rester dans son pays est un droit plus fondamental que les autres».

 Instrumentalisation en Italie

Pour le site La Nuova Bussola quotidiana, habituellement très critique, il existe une instrumentalisation de ce message papal de la part des soutiens du gouvernement italien, où une loi sur le droit du sol sera soumise à l’examen des sénateurs le 12 septembre.

Ce média considère que le texte répond plutôt à la problématique de certains pays de l’hémisphère sud, dans lesquels «l’inscription sur les registres de naissances équivaut à (ou est souvent confondue) avec la reconnaissance de la citoyenneté». Pour contrer cette disposition, il arrive que les naissances d’enfants extra-territoriaux ne soient pas enregistrées, créant de fait des apatrides ou des «fantômes administratifs». C’est notamment le cas des enfants d’ouvriers haïtiens qui travaillent sur les plantations de la République dominicaine.

Quant au vaticaniste italien Sandro Magister, il rappelle sur son blog Settimo Cielo qu’il y a eu, au cours de l’été, une rencontre secrète entre le pape et le Premier ministre Paolo Gentiloni, révélée par le Corriere della sera, sur cette question des migrants. Cela expliquerait selon le journaliste pourquoi le cardinal Gualtiero Bassetti, nouveau président de la Conférence épiscopale italienne, a appuyé le 10 août la «ligne dure» du gouvernement italien, contre «ceux qui exploitent de façon inhumaine le phénomène migratoire» en organisant des embarquements depuis la Libye vers l’Italie. (cath.ch/imedia/ap/bh)

Migrants centraméricains s'apprêtant a» traverser le Mexique vers les USA.
25 août 2017 | 18:02
par Bernard Hallet
Temps de lecture : env. 2  min.
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