Rome: Le Vatican souhaite des évêques plus engagés dans la gestion de la charité
Mettre en relief l’identité chrétienne des œuvres caritatives
Rome, 1er février 2013 (Apic) Le Conseil pontifical Cor Unum, en charge du domaine de la charité au Vatican, a demandé plus d’engagement des évêques avec les organisations caritatives qui opèrent dans leur diocèse. Cet appel, lancé le 1er février 2013, s’inscrit dans la continuité du Motu proprio Intima Ecclesiae natura sur la charité publié en novembre 2012.
Le cardinal Robert Sarah et Mgr Giampietro Dal Toso, respectivement président et secrétaire de Cor Unum, s’exprimaient à l’occasion de la présentation à la presse du Message de Carême de Benoît XVI, consacré en grande partie à la charité. Se faisant l’écho du Motu Proprio du pape, le haut prélat guinéen a estimé que l’engagement des évêques était insuffisant. Il a aussi souhaité que les pasteurs cessent de «piloter l’activité caritative de l’Eglise dans une direction qui ne met pas en relief l’identité chrétienne de la charité». Ils doivent aussi être plus attentifs à la question «délicate» des rapports entre l’Eglise et les organisations non catholiques.
Pour sa part, Mgr Dal Toso a rappelé que l’évêque était responsable du choix et de la formation du personnel caritatif et devait surveiller les sources de financement des œuvres de charité. Lorsqu’il avait rencontré les membres de Cor Unum, le 19 janvier, le pape avait d’ailleurs invité les acteurs de la charité de l’Eglise à «refuser des financements et des collaborations qui, directement ou indirectement, favorisent des actions ou des projets en contradiction avec l’anthropologie chrétienne».
Aide à la Syrie
Par ailleurs, le cardinal Sarah a annoncé qu’il se rendrait bientôt à Amman (Jordanie), pour évoquer le problème des réfugiés syriens avec le roi Abdallah et l’envoyé spécial de l’Organisation des Nations unies, Lakhdar Brahimi. Son dicastère a voté certains projets qu’il faut désormais mettre en œuvre avec l’argent que Benoît XVI a consacré à cette question. Le pape avait en effet décidé que la traditionnelle quête du jeudi saint, pour l’année 2012, profite à ces réfugiés.
En outre, en avril 2012, Mgr Toso s’était rendu en Syrie pour remettre au nom du pape un don de 100’000 dollars pour l’action caritative de l’Eglise locale en faveur des populations. Puis, au mois de novembre, le cardinal Sarah avait effectué un voyage au Liban, faute de pouvoir gagner la Syrie, où il avait rencontré de nombreuses organisations caritatives.
Les méprises de l’action caritative
Commentant le message de Benoît XVI, le cardinal guinéen a dénoncé toute une série de «méprises» concernant l’Eglise et son action caritative. Il a déploré que beaucoup de personnes, hors et dans l’Eglise, s’accommodent bien du concept d’une Eglise «enivrée par le parfum des cierges, occupée à ranger la sacristie, concentrée sur d’obscurs débats théologiques et sur des joutes ecclésiales plutôt que sur l’homme et son intégrité».
Une autre méprise consiste à penser que «l’Eglise est une sorte de grande œuvre philanthropique et de solidarité purement humaine, où l’engagement social est prioritaire, (…) en oubliant que le besoin de Dieu est au cœur de l’homme».
Il ne faut pas non plus être tenté «de distinguer une Eglise bonne, celle de la charité, d’une Eglise ›mauvaisé, celle de la vérité, qui défend et protège la vie de l’homme et les valeurs morales universelles», a prévenu le cardinal Sarah. Il a aussi regretté que l’on dise que «l’Eglise est bonne lorsqu’elle soigne les malades» et qu’elle est «moins bonne quand elle exerce son devoir de réveiller les consciences». (apic/imedia/cp/bb)



