Rome: Appel du pape aux responsables de la République du Congo (RDC)
Mettre fin aux souffrances de la population
Rome, 29 avril 2010 (Apic) Benoît XVI a invité les responsables de République démocratique du Congo (RDC) à «employer tous les moyens politiques et humains pour mettre fin à la souffrance» dans ce pays d’Afrique centrale, le 29 avril 2010. Recevant en audience le nouvel ambassadeur de RDC près le Saint-Siège, Jean-Pierre Hamuli Mupenda, le pape a ainsi souhaité que l’ancien Congo belge puisse prendre «un nouveau départ», y compris avec l’aide de la communauté internationale.
Devant le diplomate congolais, Benoît XVI a donc particulièrement souhaité que la RDC, qui fête en 2010 le 50e anniversaire de son indépendance, puisse «prendre un nouveau départ». Au cours des 10 dernières années, a en outre relevé le pape, le pays a connu «des moments particulièrement difficiles et tragiques».
«La violence s’est abattue, aveugle et sans pitié, sur une large frange de la population, la faisant plier sous son joug brutal et insupportable en semant ruines et morts», a encore noté le pape, insistant particulièrement sur la situation des «femmes», des «jeunes» et des «enfants» dont «la dignité a été bafouée à outrance par la violation de leurs droits». Benoît XVI a également souligné que l’Eglise catholique avait elle-même été «blessée dans beaucoup de ses membres et dans ses structures» et désirait aujourd’hui «favoriser la guérison intérieure et la fraternité». La RDC compte 50 % de fidèles catholiques.
Dans ce contexte, Benoît XVI a appelé ce pays de la région des Grands lacs à «employer tous les moyens politiques et humains pour mettre fin à la souffrance». «Il conviendrait également, a souhaité le pape, de faire réparation et de rendre justice, comme les mots justice et paix inscrits dans la devise nationale y invitent».
Les conflits persistent
Dans son discours en français, le pape a également exhorté les «pouvoirs publics à ne rien négliger pour mettre fin à la situation de guerre qui, hélas, existe encore dans certaines provinces du pays, et à se dédier à la reconstruction humaine et sociale de la nation dans le respect des droits humains fondamentaux».
Benoît XVI s’est également tourné vers «la communauté internationale, impliquée à divers degrés dans les conflits successifs que (cette) nation a connus». Il l’a alors invitée «à se mobiliser pour contribuer efficacement à ramener en République démocratique du Congo la paix et la légalité».
Enfin, Benoît XVI a souligné les «longues années de vacance» à la tête de l’ambassade de RDC auprès du Saint-Siège, à Rome. Le dernier ambassadeur, Atembina Te-Bombo, avait en effet été contraint de quitter l’Italie à la fin des années 1990 après avoir été expulsé de sa résidence, alors que le Congo-Kinshasa n’avait pas réglé le loyer pendant plusieurs années. Le nouvel ambassadeur, pour sa part, a justifié cette absence devant Benoît XVI en faisant état de la «situation difficile» de son pays «à cause des guerres répétées».
Originaire de la région du Kivu, le nouvel ambassadeur avait été nommé en septembre 2009 par le président Joseph Kabila. Entré dans la carrière diplomatique au début des années 1970, Jean-Pierre Hamuli Mupenda a travaillé au ministère des Affaires étrangères à Kinshasa mais aussi dans les représentations diplomatiques auprès du Sénégal et du Cameroun, en Inde, et enfin en Belgique. Agé de 65 ans, il était dernièrement conseiller diplomatique auprès du ministère. (apic/imedia/ami/js)



