Mexico, 5janvier(APIC) Le Mexique réel a explosé à la tête du président
Carlos Salinas, avec ses «mythes géniaux» et son rêve de faire du Mexique
un pays du «premier monde». La rebellion indigène dans le Chiapas, dans la
première demi-heure de l’an nouveau, a tristement marqué le couronnement
que le «salinisme» pensait pouvoir trouver avec l’entrée en vigueur, au même moment, du Traité de Libre Echange (ALENA) avec les Etats-Unis et le Canada.
Le spectaculaire soulèvement de l’Armée Zapatiste de libération nationale, inconnue jusque-là, n’est pas sans rappeler celui survenu dans les années septante dans le Guerrero, où la guerilla de Genarro Vasquez et Lucio
Cabanas, avait rendu possible, postérieurement à la déroute, l’introduction
de réformes pour l’Etat en question, la construction de routes, d’écoles,
de centres de santé et d’approvisonnement.
Le parallèle entre ces deux événements est d’autant plus frappant que la
région du Chiapas passe pour être aujourd’hui la plus pauvre du pays et la
moins écoutée dans ses revendications. Depuis belle lurette déjà, l’évêque
de San Cristobal de las Casas, familièrement appelé «l’évêque des Indiens»,
se bat aux côtés de ceux-ci. Réclamant pour eux leur droit à la terre et à
la dignité.
«On aurait voulu pousser les Indiens dans la violence, leur faire admettre qu’elle était l’unique possibilité de se faire comprendre qu’on aurait
pas agi autrement», commente-t-on du côté de l’évêché à San Cristobal. Et
si aujourd’hui seulement, à mots couverts, internationalisation du soulèvement oblige, on reconnaît officiellement à Mexico le grave sous-développement du Chiapas, on ne demeure pas moins muet sur les exactions dont sont
victimes les indigènes: répression, torture, assassinats, racisme, sans
parler des abus de pouvoir, de la misère, de la faim et des problèmes de
santé.
L’avocat des Indiens, Mgr Ruis, qui s’est vu récemment encore invité à
«réfléchir» sur ses options pastorales» par le nonce apostolique à Mexico,
n’a du reste jamais cesser de montrer du doigt les coupables: le capitalisme sauvage, l’exploitation, les grands propriétaires, l’armée et ses hommes
de main, les multinationales de l’industrie du bois… le pouvoir mexicain
et ses représentants dans le Chiapas. Ses oppositions lui valurent de multiples problèmes avec les propriétaires terriens et les éleveurs de la région. Et son engagement aux côtés des communautés indigènes l’ire du gouvernement. On ne compte plus les menaces de mort proférées à son encontre.
Près d’un millions d’indigène, descendants des Mayas et répartis en 13
ethnies, peuple actuellement le Chiapas, situé aux confins du Mexique, géographiquement plus proche du Guatémala voisin que de la capitale Mexico.
Selon Mgr Ruiz, 15’000 d’entre sont morts de fain, de maladie ou à cause de
la violence en 1993. Un million d’indigène qui ne représentait pour l’Etat
central qu’une statistique et un indice officiel allant de «très haute marginalité» à «haute marginalité».
Terre de misère pour les indigènes, le Chiapas est aussi celle de l’actuel ministre de l’Intérieur mexicain, Patrocinio Gonzales Garrido, gouverneur de cet Etat jusqu’en janvier 1993, avant dêtre appelé par Carlos Salinas à Mexico pour intégrer le cabinet présidentiel. Durant quatre ans, diton de lui à San Cristobal, il a gouverner d’une main de fer sur la région.
On lui reproche notamment d’avoir fermé les yeux sur un nombre incalculable
de violations des droits de l’homme. Au point de provoquer la marche «Xi
Nich» des indigènes «chiapanecos» sur Mexico en …. pour dénoncer les
traitements subis.




