Mexico: Conférence sur le sida: ces enfants «utilisés et oubliés»
Le monde a agi avec indécence
Mexico, 7 août 2008 (Apic) Le monde a agi de façon indécente avec les enfants malades du sida, a estimé à Mexico le directeur du Bureau pour le développement de l’enfance, la jeunesse et la famille du Conseil d’enquêtes en sciences humaines d’Afrique du Sud. 22’000 experts sont actuellement réunis à Mexico pour débattre du sida.
Trop souvent utilisés et instrumentalisés dans les campagnes médiatiques pour la lutte contre le sida, les deux millions d’enfants atteints du virus du sida dans le monde n’ont que peu accès aux traitements pour combattre la maladie. «Nous avons agi de façon indécente avec les enfants, trop petits pour être comptés et encore moins pour mériter l’attention», a dénoncé Linda Richter, directeur du Bureau pour le développement de l’enfance, la jeunesse et la famille du Conseil d’enquêtes en sciences humaines d’Afrique du Sud, intervenant à la 17ème Conférence internationale sur le sida, en cours jusqu’à vendredi à Mexico.
Pour la première fois, cette 17e Conférence a consacré une session plénière aux enfants porteurs du virus de l’immunodéficience humaine (vih). «Actuellement seulement 10% des enfants nécessiteux sont soignés avec des médicaments anti-rétroviraux. Les plus petits continuent d’avoir moins accès aux traitements que les adultes», a ajouté Richeter.
Quatre-vingt dix pour cent des enfants du monde entier contaminés par le virus se trouvent en Afrique sub-saharienne: leur nombre a été multiplié par huit depuis 1990 et durant la même période les décès et les nouvelles contagions ont triplé.
Le principal vecteur de la transmission du virus, a précisé l’experte sud-africaine, demeure celui de la mère à l’enfant: «Les traitements pour prévenir ce type de contagion ont prouvé qu’il est possible d’en réduire l’incidence jusqu’à 2%, mais dans les pays pauvres, l’an dernier les médicaments nécessaires n’ont atteint que 34% de la population besogneuse».
Durant la même période, le taux de mortalité des parents à cause du sida a augmenté dans de nombreux pays du continent africain, à tel point qu’en 2007 on estimait qu’aux victimes de l’épidémie s’ajoutaient plus de 12 millions d’orphelins».
La pauvreté, alliée du sida
Par ailleurs, les interventions de mercredi dans la capitale mexicaine ont souligné que dans le Sud du monde, de l’Afrique à l’Amérique latine en passant par l’Asie, le pire allié du sida reste la pauvreté. Les témoignages d’activistes, de chercheurs et de séropositifs ont confirmé que même dans les pays où les coûts des médicaments sont les plus contenus, entre la nourriture et les soins, un porteur du sida «ne peut que choisir de manger».
«Des millions de personnes qui vivent avec le virus n’ont pas encore accès à une alimentation adéquate et le manque de nourriture empêche aussi de bénéficier du majeur potentiel des traitements», a déclaré Jayne C. Adams, conseillère des projets contre le sida du Programme alimentaire mondial de l’Onu (Pam). Ceux qui n’ont pas d’argent pour manger, a-t-elle rappelé, non pas non plus les moyens de se rendre dans les centres qui offrent les médicaments: «Si une personne dépense tout son argent pour manger, elle ne pourra pas payer le billet de l’autobus pour se rendre dans une clinique et y recevoir des soins adéquats. C’est aussi sur ce point qu’il faut insister lorsque l’on parle de garantir l’accès réel aux traitements». (apic/misna/pr)




