Ne pas encourager ceux qui persécutent l’Eglise des pauvres
Mexique : Encore des réactions négatives au déplacement de Mgr Vera Lopez à Saltillo
Mexico, 18 janvier 2000 (APIC) Le déplacement de Mgr Vera Lopez évêque coadjuteur avec droit de succession de Mgr Samuel Ruiz à San Cristobal de las Casas sur le siège de Saltillo, au nord du Mexique, continue de susciter des réactions d’inquiétude au Chiapas.
Le Service international pour la paix (Sipaz) a manifesté sa «vive inquiétude». À ses yeux, la décision de Rome pourrait avoir des conséquences très négatives: «Elle pourrait encourager tous ceux qui sont impliqués dans la persécution du diocèse et rendre plus vulnérables leurs cibles. On pourrait aussi vérifier un accroissement des attaques contre les agents de pastorale et surtout les milliers de leaders laïcs qui sont la colonne vertébrale de la structure diocésaine dans les communautés rurales éloignées.»
Selon l’agence de presse italienne ADISTA, Mgr Arturo Lona Reyes, évêque de Tehuantepec, avait déjà écrit au président de la conférence épiscopale mexicaine pour lui signaler que l’éloignement de Mgr Vera du Chiapas serait considérée «comme une invitation faite aux pouvoirs politiques d’intensifier la répression contre les communautés indigènes et la persécution que vit déjà l’Eglise».
Les prêtres du diocèse de San Cristobal de Las Casas ont également réagi. «Nous reconnaissons que le travail pastoral de don Raul a parcouru toutes les routes pour arriver au coeur du peuple. En quatre ans d’intense travail, et en continuité avec le processus diocésain, il a compris les espérances des pauvres et il n’a cessé de mettre en garde contre les menaces et les dangers que vit ce diocèse, déclarent-ils, avant de poursuivre : «Nous demandons avec ferveur à Dieu d’éclairer le Saint Père de la lumière de son Esprit, pour que le choix d’un digne successeur de don Samuel réponde aux besoins de notre peuple, de notre Eglise, des pauvres qui attendent tellement d’elle comme signe de la salut intégral réalisé et annoncé par Jésus-Christ.»
En Italie, le théologien Giulio Girardi a publié une longue déclaration adressée au pape et aux évêques d’Amérique Latine, pour regretter que la déclaration publiée par le Vatican au moment de la nomination de Mgr Vera Lopez à Saltillo ne précise pas les «raisons ecclésiales» qui ont amené le pape à l’éloigner du Chiapas. «Au moment où la tension est plus aiguë entre les peuples indigènes, d’une part, et les grands capitalistes, l’Etat et l’armée mexicaine, d’autre part, la hiérarchie catholique se range encore une fois du côté des puissants, affaiblissant le plus fort allié des peuples indigènes, l’Eglise locale de San Cristobal», écrit Giulio Girardi.
Le Mouvement «Nous sommes Eglise» a lui aussi publié une déclaration invitant le pape à revenir sur sa décision et donne au diocèse de San Cristobal «le pasteur qu’il attendait unanimement, de façon que soit garantie la continuité de la pastorale indigène». (apic/cip/mp)




