Mexique: L’archevêque d’Oaxaca demande aux responsables de mettre un terme au conflit

La fin de la crise passe par «la reconnaissance des erreurs»

Oaxaca, 17 octobre 2006 (Apic) L’archevêque d’Antequera-Oaxaca, au Mexique, Mgr José Luis Cháve, demande aux parties en conflit, qui dura depuis plus de 140 jours, de prendre leurs responsabilités et de reconnaître leurs erreurs.

La crise d’Oaxaca – en proie depuis mai à des manifestations d’enseignants, de paysans et étudiants contre le gouvernement local et fédéral – «a causé de graves dommages à la société du point de vue économique, social, culturel, politique et psychologique; la crise a injecté un manque de confiance mais aussi d’ultérieures divisions au sein de la société sans que jusqu’ici aucune des parties impliquées ne reconnaisse ses erreurs. Personne n’a demandé pardon à la société», écrit Mgr José Luis Cháve, dans un document diffusé par la Conférence épiscopale du Mexique (Cem) sur son site Internet.

L’archevêque demande aux responsables de redonner confiance à la société, en contribuant à créer un nouvel ordre social. «La résolution des conflits à Oaxaca doit passer par des programmes à moyen et long terme pour réduire la pauvreté, satisfaire les besoins primaires et améliorer la qualité du système scolaire» poursuit le prélat. Qui ajoute que «la paix véritable et durable sera possible seulement avec un nouvel ordre social, économique et politique basé sur la dignité humaine, la justice sociale, sur le bien commun et la solidarité».

Dans son texte, Mgr Chávez-Botello explique qu’un conflit d’une si longue durée favorise certainement les intérêts d’un groupe en particulier mais pas ceux de la communauté, et assure que «l’Eglise continuera à stimuler l’espoir et à rechercher les espaces de dialogue authentique entre ses membres».

Le centre d’Oaxaca vit depuis 141 jours dans un état de siège et les barricades y sont encore érigées; dans des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre mais aussi dans des attaques de groupes paramilitaires. Au moins 4 personnes ont été tuées. Initialement la protestation avait pour objet des revendications salariales puis s’est transformée en lutte pour obtenir la démission du gouverneur d’Oaxaca, Ulises Ruiz, accusé de truquages électoraux, de népotisme et d’avoir eu recours à la violence contre les manifestants. (apic/misna/pr)

17 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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