Le seul espoir au Chiapas, le travail pour la paix de l’Eglise
Mexique: Le directeur de Missio-Austria critique le double langage du gouvernement
Mexico, 12 mars 1998 (APIC) Le seul espoir actuellement au Chiapas, c’est le travail pour la paix du diocèse de San Cristobal de las Casas, a déclaré jeudi à Mexico le directeur de Missio-Austria, le Père Gregor Henckel-Donnersmarck, de retour d’un séjour d’une semaine au Chiapas. Il vertement critiqué le gouvernement mexicain pour son «double langage» et affirmé que la situation sur place est «extrêmement tendue».
Le directeur de l’œuvre pontificale missionnaire autrichienne a estimé que les deux évêques de San Cristobal de las Casas, Mgr Samuel Ruiz Garcia et son coadjuteur, Mgr Raul Vera Lopez, se sont engagés courageusement pour faire aboutir le processus de dialogue entre rebelles zapatistes et gouvernement.
Le Père Gregor Henckel-Donnersmarck déplore que le gouvernement de Mexico parle un double langage: d’un côté il a signé l’Accord de San Andres, de l’autre, il vient de publier quatre «observations» pour éviter de le mettre en œuvre. «Les plus hautes autorités prétendent vouloir la paix tout en permettant dans le même temps aux autorités subalternes d’expulser des prêtres du diocèse de San Cristobal et que des administrations communales occupent et ferment des églises». Ainsi, cette semaine encore, dans la paroisse de Chantal, Mgr Ruiz Garcia et Mgr Vera Lopez ont dû célébrer dans la maison d’un catéchiste, parce que l’église avait été fermée par les autorités.
Le prêtre autrichien a aussi dénoncé la manière brutale dont se manifeste l’armée dans la région du Chiapas et le fait que les milices paramilitaires n’aient pas été désarmées comme promis. Sous prétexte de faire du «service social», ces groupes se sont introduits dans les plus petites communautés où ils sèment l’insécurité, la peur et la corruption. «Dans une telle situation, insiste le directeur de Missio-Austria, les efforts de pacification de l’Eglise, en particulier des deux évêques, est extrêmement important».
Un nouveau bain de sang est à craindre à tout moment
Visitant les lieux du carnage d’Acteal, où 45 personnes, en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont été massacrées par des groupes paramilitaires liés au parti au pouvoir PRI, le religieux autrichien a vu les paramilitaires rôder autour du village. Pour les survivants, la situation reste inchangée et un nouveau bain de sang est à craindre à tout moment.
D’après les organisations de défense des droits de l’homme, les autorités ont renforcé les contrôles sur place et une campagne a été lancée contre les étrangers, les gens d’Eglise et les observateurs internationaux qui se trouvent dans la région. Les télévisions contrôlées par le pouvoir leur attribuent la responsabilité du conflit qui opposent les Indiens en rébellion aux autorités. (apic/kap/be)




