Fin de la campagne dans un climat de tensions et d’insultes
Mexique: Le PRI vers une nouvelle défaite électorale: le Chiapas après les présidentielles
Mexico, 17 août 2000 (APIC) La campagne électorale dans le Chiapas a pris fin mercredi soir dans un climat de tensions, d’insultes, et d’accusations de fraudes. Plus de 2 millions d’électeurs éliront dimanche 20 août le nouveau gouverneur de l’Etat du Chiapas.
Pour la première fois, l’opposition fait figure de vainqueur dans l’Etat du Chiapas, contre le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI). Ce dernier pourrait mordre une nouvelle fois la poussière, après son échec historique lors des récentes élections présidentielles.
Sur fond de violence et de dénonciations contre des achats de votes, qui ne vont pas sans rappeler la campagne présidentielle, les principaux candidats au gouvernement de cet Etat, Pablo Salazar, de l’Alliance pour le Chiapas – qui rassemble 8 groupes d’opposition, et Sami David, du PRI, ont échangé mercredi soir leurs dernières insultes.
Salazar, ex-dirigeant du PRI, protestant, en tête de plus de 10 points dans les derniers sondages, a assuré devant ses sympathisants qu’il n’accepterait pas une défaite dimanche. Le candidat de l’Alliance pour le Chiapas a accusé le gouverneur de l’Etat, Roberto Albores (PRI) de l’avoir menacé au cas où l’opposition ne reconnaîtrait pas une hypothétique victoire dimanche.
Des dirigeants du parti conservateur de l’Alliance nationale et du Parti de la révolution démocratique (gauche) ont pour leur part dénoncé le PRI, pour les menaces de violences qu’il fait planer sur le scrutin de dimanche.
De son côté, Sami David a accusé son rival d’être «une personne sans morale et un menteur». David, qui repousse en bloc les accusations de l’opposition, a annoncé qu’il recherchera un pacte avec le gouvernement de Ernesto Zedillo, afin de respecter les Accords de San Andres signés entre le gouvernement et la guérilla zapatiste en 1996. Un accord que Mexico s’est toujours refusé à appliquer, en préférant la réponse militaire et la répression au conflit du Chiapas.
Silence de l’EZLN et recommandations de l’Eglise catholique
Pour l’heure, les dirigeants de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) observent un silence prudent dans ce processus électoral, malgré les nombreux incidents qui ont émaillé cette compagne entre groupes sympathisants à la guérilla et groupes paramilitaires. L’EZLN avait pris les armes lors du soulèvement de janvier 1994.
Quant à l’Eglise catholique, elle a mis en garde contre les tentatives de fraudes et condamné les achats de votes. (apic/ef/pr)



