Vives pressions sur les communautés locales
Mexique: Nouvel effort pour la paix au Chiapas
Tuxtla Gutierrez, 8 juin 1997 (APIC) La première Rencontre régionale pour la Réconciliation et la Paix s’est récemment tenue à Tuxtla Gutierrez, la capitale de l’Etat du Chiapas. Un événement d’une importance capitale vu les divisions entre les communautés et les organisations, qui affaiblissent l’unité de peuple, estime le Réseau Kairos (Belgique). A quelque cinq semaines des élections, les communautés et organisations sociales locales ont cependant de quoi s’inquiéter du bon déroulement du processus démocratique, des «pressions» exercées par le PRI et de la présence massive de l’armée.
A l’origine de l’événement: une nouvelle coordination d’associations, la Commission d’aide à la réconciliation communautaire (CORECO). La rencontre était destinée à fournir un espace pluraliste et indépendant pour que les organisations se rencontrent et échangent leurs points de vue sur la situation actuelle dans le Chiapas. 37 organisations sociales, politiques et religieuses ont participé aux discussions, qui se sont centrées sur trois thèmes: les causes des conflits dans les communautés et les perspectives de solution; les obstacles et alternatives pour le développement économique et social du Chiapas; les conflits dus à la guerre et leurs conséquences sur la vie sociale et politique dans l’Etat du Chiapas.
En ouvrant la rencontre, le poète chiapanèque Oscar Oliva , qui s’exprimait au nom de la CONAI, la Commission nationale de médiation présidée par Mgr Samuel Ruiz, évêque de San Cristobal de Las Casas, a rappelé que les gouvernements craignent le peuple quand celui-ci réclame la démocratie, la justice et la liberté. La réponse à leurs requêtes, passe nécessairement par le respect des droits humains, des droits des indiens, des droits des pauvres et par la transition vers la démocratie, mais celle-ci n’est possible, a-t-il averti, que si est élaboré un projet qui est le fruit de la convergence de toutes les opinions, de toutes les options, de toutes les conjonctures et de l’opinion de tous les acteurs concernés.
Les quelque 80 participants ont conclu à la nécessité de renforcer le dialogue pour surmonter les désaccords et les contradictions qui dominent dans les communautés et dans les organisations sociales ou politiques. Ils se sont engagés à convoquer de nouvelles rencontres de ce type pour poursuivre la discussion et aplanir les divergences. Ils ont aussi exigé le départ de l’armée des communautés afin que celles-ci puissent récupérer leur territoire et circuler librement.
Par ailleurs, selon le Centre National de Communication (CENCOS), il y a lieu de s’inquiéter, à cinq semaines des élections législatives, quant au bon déroulement du processus électoral dans l’Etat du Chiapas, en raison de difficultés pour installer 170 bureaux de vote, de l’opposition de certaines communautés, de la présence militaire et les pressions du PRI, le Parti Révolutionnaire Institutionnel, au pouvoir au Mexique depuis près de 70 ans. (apic/cip/pr)



