Mexique: «On ne tue pas la misère en tuant les miséreux» (070194)
La longue marche des Indiens du Chiapas
Mexico, 7janvier(APIC) Le gouvernement mexicain compte sur les médias
pour redresser son image de marque, s’insurge à Mexico le correspondant du
quotidien catholique français «La Croix». La plupart des journaux, radios,
télévisions et agences de presse internationales «reprennent à leur compte
un communiqué du ministère de l’intérieur qui privilégie l’hypothèse classique du complot de l’étranger». Sans doute pour contrebalancer sinon mieux
noyer l’information faisant état de l’utilisation d’avions Pilatus pour
bombarder les insurgés.
Venir à bout de la misère en tuant les miséreux, les Indiens du Chiapas
en l’occurrence, voilà qui n’est pas nouveau, n’a jamais cessé de dénoncer
Mgr Ruiz, évêque de San Cristobal. Et cela dure depuis 5 siècles. Région
tropicale bordé par le Pacifique, le Chiapas, avec ses 78’887 km2 (près de
deux fois la Suisse), produisait il y a bien longtemps cacao et caoutchouc.
Aujourd’hui, de gros propriétaires commercialisent d’immenses exploitations
de canne à sucre et de café, sans compter le bois en abondance. Les profits
démesurés pour les uns, la misère croissante pour les autres. Durant la décennie 1980-1990, les salaires dans l’industrie mexicaine ont dégringolé de
40% et le salaire minimum de 58%.
Les paysans sans terre du Chiapas et les Indiens n’ont pas attendu les
derniers événements pour tenter de se faire entendre. Le 17 octobre 1992,
près de 10’000 d’entre eux avaient manifesté contre le 500e anniversaire du
premier voyage de Christophe Colomb. Tous étaient symboliquement armés
d’un arc et de flèches. Se contentant alors de renverser la statue du conquistador espagnol dans la ville de San Cristobal.
L’an dernier également quelque 500 Indiens, hommes, femmes et enfants
avaient participé à la marche «Xi Nich». Partis le 7 mars 1992 de Palenque,
un important site archéologique Maya – tout un symbole – situé dans les
Hautes Terres du Chiapas, ils atteignaient Mexico le 23 avril suivant,
après avoir parcouru 1’000 km à pied. Ils entendaient protester contre des
détentions collectives d’Indiens et présenter au gouvernement fédéral un
«cahier de doléances» fait de 30 demandes. (apic/pr)



