Femmes incitées à ne pas user de la voie légale pour avorter
Mexique: Plus d’une centaines de milliers de viols chaque année
Mexico City, 9 mars 2006 (Apic) Les femmes violées à Mexico sont régulièrement conduites à avorter sans passer par la voie légale, selon une récente étude de l’ONG Human Rights Watch. Les représentants des instances juridiques elles-mêmes les incitent à ne pas utiliser la voie légale pour avorter.
Selon l’ONG Human Rights Watch, plus de 120’000 femmes sont victimes de viol au Mexique chaque année mais en réalité les chiffres pourraient être beaucoup plus élevés. En effet, beaucoup de femmes sont volontairement intimidées par certains représentants des instances juridiques et sont conduites soit a mener à bien leur grossesse contre leur voeu ou à avorter clandestinement.
Une étude de l’ONG menée auprès de médecins, de juristes, d’officiels et de victimes de viol, arrive à ces conclusions. Selon le quotidien The Guardian de Londres, dans un pays majoritairement catholique, l’avortement est illégal au Mexique, à moins que la femme enceinte ait été violée. Encore faut-il le prouver. Selon le rapport, beaucoup de femmes se voient encore dénier le droit à l’avortement légal après un viol. L’ONG affirme que même certains procureurs publics ont dit à des victimes de viol qu’un avortement risquerait de les tuer. En outre, certaines victimes de viol seraient réticentes à se plaindre d’un viol devant la justice, de crainte d’être humiliées ou accusées à tort d’avoir été violées dans le but d’obtenir un avortement.
Cette culpabilisation des femmes aboutit à ce que 90% d’entre elles soient amenées à ne pas signaler un viol. Et en ne le disant pas, elles n’ont donc pas accès à une interruption de grossesse légale, et vont chez des avorteuses qui pratiquent l’avortement sous le manteau, dans des conditions dangereuses pour la femme amenée à cette extrémité.
En conclusion, l’ONG incite le gouvernement mexicain à édicter des directives administratives pour son personnel en charge de tels cas afin de l’inciter à mieux respecter la loi.
En Angleterre aussi
Par ailleurs, la Grande Bretagne lance la semaine prochaine une grande campagne dans des magazines masculins, à la radio et par voie d’ affiches dans les toilettes publics et les clubs, incitant les hommes à s’assurer qu’une femme accepte bien d’avoir des relations sexuelles consentantes, afin d’éviter des accusations de viol. La campagne est conçue par le département de l’Intérieur «afin d’éduquer les hommes jeunes à obtenir le consentement de la partenaire avant toute relation sexuelle».
Cette campagne d’information vise à inverser le taux de condamnation pour viol, qui est extrêmement bas. Une étude du ministère de l’Intérieur parue l’an dernier montre que seulement 5, 6% des cas de viol rapportés se concluent par la condamnation du violeur.
Le conseiller juridique de la Couronne, Mike O’Brien, a révélé le 8 mars qu’un changement dans la loi pénale concernant le viol prévoirait qu’un jury devrait statuer sur le fait qu’une femme ayant bu de l’alcool serait trop ivre pour donner son consentement.
Un sondage présentée par Amnesty International montre qu’un quart des personnes interrogées dans le Royaume Uni, selon un échantillon représentatif, croient qu’une femme est au moins en partie responsable d’un viol subi, si elle est ivre. Le projet de loi que prépare le gouvernement vise aussi à introduire des experts comme témoins, expliquant spécifiquement la conduite des victimes de viol.
Il est possible aussi qu’une proposition visant à enregistrer le témoignage de la victime sur vidéo afin de lui éviter d’être face à face avec son agresseur et donc de revivre d’une autre façon son viol, soit proposée (apic/bbcnews/vb)




