Il aurait ordonné des femmes diacres avant de se retirer

Mexique: Polémiques à propos de Mgr Samuel Ruiz, l’évêque des Indiens du Chiapas

Mexico, 7 mai 2000 (APIC) Une semaine à peine après l’installation de son successeur sur le siège de San Cristobal de Las Casas, Mgr Samuel Ruiz, «l’évêque des Indiens du Chiapas», aujourd’hui retiré de son diocèse pou raison d’âge, est à nouveau la cible de polémiques. Il aurait ordonné des femmes indiennes diacres avant de se retirer, annonce l’agence de presse latino-américaine ACI-Prensa, à Lima, qui précise que le Saint-Siège enquête sur le sujet.

Le cardinal Juan Iniguez Sandoval, archevêque de Guadalajara, a aussitôt déclaré que «personne n’a le pouvoir d’ordonner des femmes diacres ou prêtres». Car depuis le Christ, le sacerdoce est réservé aux hommes, a-t-il précisé, en se référant aux accusations portées contre Mgr Samuel Ruiz, toujours dans le collimateur des milieux conservateurs qui cherchent tous les moyens de le discréditer.

Mgr Sandoval, qui accompagnait les fidèles de son diocèse lors du pèlerinage annuel à la Basilique de Notre-Dame de Guadalupe, a choisi de laisser le bénéfice du doute à Mgr Ruiz parce que ” tous nous savons très clairement que l’ordre sacerdotal dans l’Eglise catholique est réservé exclusivement aux hommes». «Si l’on a fait l’imposition des mains aux femmes épouses des diacres mariés, alors ce n’est pas valide. Le droit canon spécifie très clairement que le sujet de l’ordination diaconale, sacerdotale ou presbytérale est un homme». L’archevêque de Guadalajara pense que la confusion vient du fait que lors de la cérémonie, les diacres permanents mariés sont accompagnés de très près par leur épouse.

Selon l’agence ACI-Prensa, le cardinal Jorge Arturo Medina Estévez, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a déclaré à Mexico – où il est arrivé comme légat pontifical pour le Congrès Eucharistique National -, que le Saint-Siège a décidé de réaliser une enquête exhaustive sur les irrégularités supposées lors des ordinations massives que l’évêque de San Cristobal de Las Casas aurait effectuées avant de quitter son diocèse. Selon lui, le travail de la commission d’enquête «est déjà très avancé» mais elle attend encore l’information que Mgr Samuel Ruiz doit présenter sur le sujet.

Le successeur de Ruiz rencontre les zapatistes

Mgr Felipe Arizmendi Esquivel, qui a succédé à Mgr Samuel Ruiz à San Cristobal de Las Casas, a visité pour la première fois dans la localité de Polho les «bases d’appui» zapatistes et rencontré des militants de l’EZLN, l’Armée zapatiste de la libération nationale qui s’est soulevée en janvier 1994 dans le Chiapas, l’un des Etats les plus pauvres du Mexique. L’évêque a invité à trouver une solution par la voie du dialogue et non par la voie des armes.

Il a invité par la même occasion les autorités fédérales et de l’Etat à venir en aide aux quelque 10’000 déplacés qui restent éloignés de leurs communautés dans des conditions déplorables dues au manque de nourriture et d’habitat convenable. Au moins 1’500 Indios, la majorité le visage couvert de passe-montagnes et de foulards, l’ont accueilli dans la «commune autonome» de Polho et lui ont demandé d’aider à mettre un terme à la militarisation de la zone et aux activités des bandes paramilitaires.

Mgr Arizmendi Esquivel, qui a pris possession le 1er mai de son nouveau diocèse, a souligné que l’une de ses préoccupations principales est la situation de pauvreté, de marginalisation, d’injustice, de conflits et de violence qui caractérisent la région. Le successeur de Mgr Ruiz a assuré qu’il resterait dans la ligne de l’option préférentielle pour les pauvres. Il s’est rendu en fin de semaine à Acteal pour célébrer une messe à la mémoire des 45 Indios assassinés le 22 décembre 1997 par un groupe paramilitaire au service du parti au pouvoir. (apic/aci/excels/be)

7 mai 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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